"Saint Ex, c'est le petit prince, c'est vous, nos petits princes" lance Moussa Maaskri, l'acteur marseillais invité des élèves du lycée Saint Exupery des quartiers nord de Marseille avant de conclure "surtout ne laissez personne vous dire que vous n'êtes Rien". Le comédien qui a grandi ici est un modèle pour les jeunes

Moussa Maaskri avec les lycéens de Saint Exupery et Emmanuel Kherad
Moussa Maaskri avec les lycéens de Saint Exupery et Emmanuel Kherad © Radio France / Eric Valmir

Je veux être au sommet du vide". Une phrase, un graffiti sur un muret à quelques encablures du portail face à un panorama qui passe les tours d'immeubles en contrebas pour piquer sur la roche et la mer. 

Au sommet du vide ? "Ne laissez personne vous dire que vous n'êtes rien" professe Moussa Maaskri, l'acteur marseillais qui a accepté l'invitation des élèves. Quelques jours avant l'interview George Floyd est mort. Les violences policières et le racisme sont dénoncés par les cortèges. Et Moussa dans son vécu, quand il avait 20 ans dans les quartiers nord de Marseille où il a grandi, a été interpellé avec son ami d'enfance. L'interpellation dégénère sans raison, son ami est tué. 

Le comédien ne veut pas profiter de l'actualité pour refaire le film de cette tragédie. Il retient qu'à l'époque, il a canalisé sa colère, il n'a pas brulé de voitures ou participé à des émeutes, il a appris le théâtre, et très vite il est devenu un acteur de Marcel Marechal pour devenir un incontournable des planches et du grand écran. Il tournera avec Luc Besson, Alexandre Arcady, Jean-Jacques Annaud, Wim Wenders, Richard Berry, Olivier Marchal avanr d'être une tête d'affiche de la webserie marseillaise très en vue auprès des jeunes : Les Déguns.

Les élèves l'écoutent avec attention, ils dialoguent, l'échange est sincère, profond.

Il n' a jamais renié les quartiers où il a grandi, il répond toujours présent pour aider ou faire une apparition dans les clips de rap locaux. Il s'engage en politique pour vraiment changer les choses, mais après le 1er tour, il se retire pour faire barrage au Rassemblement National. Cet engagement politique laisse perplexe des jeunes qui ne croient aux prophéties de campagne. Cette élection municipale ne les a pas intéressés. Ils se concentrent sur l'égalité des chances. Comment s'en sortir, comment dessiner une passion ?  

Autre intérêt des élèves. Pour Saïd Ouichou, médecin généraliste, un des rares qui est resté ouvert dans la cité pour recueillir toutes les anxiétés des tours alentours, alors que lui même était sans moyens et sans informations. 

Et en ouverture le reportage travelling de Mathilde Vinceneux.

Equipe France Inter : Emmanuel Khérad, Marie-Christine Lauriol, Mathilde Vinceneux

Rédaction en Chef et Production : Eric Valmir. 

Réalisation : Lilian Alleaume 

Programmation musicale : IAM et L'Algerino à la sortie du lycée choisis par les élèves d'Interclass avec la bénédiction de Jean-Baptiste Audibert. 

Interclass' va au de l’éducation aux médias. Collégiens et lycéens  des quartiers dits défavorisés développent les sens de l’expression et  de la critique. Cette année, en dépit du confinement, ils n’ont pas décroché et se  sont investis dans ce programme.

Toute la saison, en classe, journalistes et producteurs de France  Inter interviennent au lycée pour sensibiliser les élèves à  l’information, les aider à traquer les fake-news, et leur apprendre la  technique des outils afin qu’ils les utilisent pour endosser la tenue du  reporter. La finalité de la saison, pour chaque établissement du  dispositif, c’est une émission d’une heure diffusée sur France Inter.  

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