Il faut entendre Besma chroniquer l'intolérance contre les lesbiennes et les différences. Pourquoi un homme en tue un autre parce qu'ils n'ont pas la même couleur de peau ? Il faut ressentir le frisson des élèves du collège Georges Rouault à Paris quand ils tendent le micro à une femme battue par sa fille, sujet tabou.

Mamounia, collégienne de Georges Rouault à Paris 19 enregistre sa chronique
Mamounia, collégienne de Georges Rouault à Paris 19 enregistre sa chronique © Radio France / Fanny Leonor Crouzet

Déterminées, elles s'approchent du micro. Besma ou Maimouna ont des choses à dire et elles n'en reviennent pas de voir qu'une grande radio nationale, certes qu'elles ne connaissaient pas, puissent s'intéresser à elles. Elles ont écrit un texte et vont pouvoir le lire à l'antenne, "c'est ouf". Besma fustige l'intolérance, ne comprenant pas pourquoi ses amies adolescentes lesbiennes subissent les agressions verbales des garçons. Et pourquoi une couleur de peau différente génère autant de crispation ? 

Le quartier s'est embrasé une nuit alors que le déconfinement entrait dans sa première phase. Les collégiens analysent la flambée de violence avec maturité. Des guerres de gang inutiles qui ne mènent à rien, tout ça pour frimer dans le quartier et avoir le statut d'un king à deux balles.

Et Interclass va plus loin que tendre un micro pour recueillir des paroles de vie.  Les élèves du collège Georges Roualt dans le 19ème arrondissement de Paris vont pouvoir choisir les sujets qui les intéressent. Reportage, interview ou table ronde, tout est bon pour construire, échanger, raisonner, réfléchir. 

"je croyais que les journalistes étaient des menteurs, peut être que certains le sont, mais pas vous, et peut-être que vous me donnez envie de faire du journalisme plus tard.... Attention, j'ai dit peut-être".

Une autre langue, une énergie. 

Et d'ailleurs, à propos des sujets choisis aurions-nous pensé, nous producteurs de l'émission, à parler des parents battus par leurs enfants ? Une forme de violence dont les élèves avaient entendu parler mais ils ne savaient pas si elle existait réellement. Ils ont mené l'enquête et le témoignage de Sonia, une mère battue par sa fille est glaçant. On a beau l'écouter dix fois, on reste sonné par la détresse de cette mère de famille. Et le silence à l'antenne qui suit ce témoignage est éloquent. 

Dans ce huitième et dernier épisode de la saison 5 d'Interclass, les élèves reviennent sur le racisme dans le foot avec Rio Mavuba, ancien footballer international engagé sur le sujet, les violences faites aux femmes et terminent l'été sur un sujet plus culturel : la passion Manga. 

Equipe France Inter : Claude Guibal, Hélène Fily, Jeanne Mayer, Martin Pinguet, Laurent Delmas, avec la participation de l'Institut Pratique du Journalisme

Reportage Ouverture : Sixtine Lys

Rédaction en Chef et Production : Eric Valmir. 

Réalisation : Lilian Alleaume 

Programmation musicale : Angèle, Ninho ont été choisis par les élèves d'Interclass avec la bénédiction de Jean-Baptiste Audibert. 

Interclass' va au de l’éducation aux médias. Collégiens et lycéens  des quartiers dits défavorisés développent les sens de l’expression et  de la critique. Cette année, en dépit du confinement, ils n’ont pas décroché et se  sont investis dans ce programme.

Toute la saison, en classe, journalistes et producteurs de France  Inter interviennent au lycée pour sensibiliser les élèves à  l’information, les aider à traquer les fake-news, et leur apprendre la  technique des outils afin qu’ils les utilisent pour endosser la tenue du  reporter. La finalité de la saison, pour chaque établissement du  dispositif, c’est une émission d’une heure diffusée sur France Inter.

C'était la dernière émission de l'été 2020 mais la saison 20-21 sera à suivre en direct avant les émissions de l'été prochain sur interclasselesite.fr. Toutes les coulisses de l'émission et la méthode EMI d'Interclass dans les cités éducatives.

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