C’est la fin du premier trimestre. Y a-t-il des choses différentes des années précédentes pour l'opération Interclass' ?

Les retours des différentes équipes, comme ce que l'on peut constater à Saint-Denis font remonter un désir d’apprendre des élèves et leur plaisir de participer à cette aventure. C’est vraiment frappant. 

Ils sont enthousiastes et étonnamment joyeux mais, et cela peut paraître paradoxal par rapport à ce que je viens de dire, c’est la première année que j’entends à ce point des jeunes formuler le rejet dont ils se sentent victimes de la part de ceux qu’ils appellent « les autres » , ou bien « la société ».

Représentants médiatiques de tous

Je pense que ces adolescents n’en peuvent plus que l’on ne mette uniquement en avant les comportements négatifs de quelques-uns qui finissent par devenir les représentants médiatiques de tous. A force de se sentir exclus et d’être dévalorisés, des jeunes finissent réellement par se mettre en marge mentalement, socialement, culturellement et physiquement. Ils s’adaptent à une situation d’exclusion et  nourrissent le ressentiment légitime qui va avec. 

Dans un tel contexte, il me semble qu’il devient alors extrêmement difficile pour un jeune de se projeter positivement et de vouloir construire son avenir. 

Alors que faire ?

Je crois que la société civile a un rôle à jouer. Il faut réellement établir des passerelles pour que ces enfants, ces adolescents se sentent considérés comme les futurs acteurs de notre société. 

Des jeunes adultes issus des quartiers populaires qui ont réussi sont également de formidables moteurs puisqu’à travers leurs exemples, ils montrent qu’on peut estimer avoir des handicaps mais qu’il faut l’énergie d’y croire et se donner les moyens d’y arriver. 

Je leur dis que s’ils partent perdants ils n’arriveront jamais gagnants et certains le comprennent très bien. Il faut vraiment prendre le temps de les écouter, de discuter avec eux, de les accompagner même modestement. 

La parole à un élève 

Il s’appelle Louay, et en cette période de fête, il tenait absolument à faire passer un message. Il est en classe de 3ème au collège Pierre de Geyter à Saint-Denis.

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