La vocation d’Interclass c’est de faire découvrir pendant un an aux élèves de collèges et de lycée les coulisses du métier de journaliste. Quelle est justement leur vision de ce métier ?

En réalité tous les points de vue s’expriment. Il y a évidemment beaucoup d’avis négatifs et qui reflètent d’ailleurs la défiance à l’égard des médias telle qu’elle s’exprime dans les sondages d’opinions. Par exemple beaucoup d’élèves pensent que les journalistes ne sont pas indépendants et qu’on subit des pressions de la part des politiques et du pouvoir.

La liste des reproches est assez longue… Les élèvent nous disent que les journalistes mentent, ne respectent pas la vie privée, ils sont trop curieux ce sont, ce que les élèves appellent « des fouines », ou alors des vipères. Les journalistes posent trop de questions, ils manipulent. Bref on a un catalogue de points de vue négatifs.

Il faut réagir très calmement face à ces propos, puisque nous partons du principe dès le début des séances d’Interclass que chacun est libre de penser ce qu’il veut et de l’exprimer en classe à condition d’argumenter son propos et d’accepter des points de vue différents du sien. Et cela fonctionne très bien et ce qui est passionnant à observer c’est l’évolution, ce sont les avis qui se forgent au contact du réel et de la réalité de notre métier. Surtout d’ailleurs lorsqu’ils sont dans la phase de réalisation des reportages. Mais on ne leur dit jamais au cours d’une séance  « tu as tort  et voilà ce qu’il faut penser ». Jamais et on ne les juge pas.  Ce n’est pas du tout la philosophie de ce dispositif.  

Il y a des traitements médiatiques qui les indignent plus que d’autres : c’est d’ailleurs ce qui nourrit en partie ce rejet de la presse.

On constate que l’immense majorité des élèves ne supporte pas l’image que les médias renvoient de leurs quartiers . Il  faut savoir que les jeunes qui font partie d’Interclass grandissent dans des quartiers très défavorisés. Des lieux que les médias évoquent le plus souvent lorsqu’il s’agit de traiter de faits divers : policiers agressés, voitures brûlées, bavures, trafics de drogue dans les halls d’immeuble… Alors évidemment cela existe, mais c’est vraiment un prisme réducteur qui entretient cette stigmatisation et qu’ils ne supportent plus.

Et cela accentue le fossé. Ce que l’on observe également à ce sujet c’est que les collégiens sont très virulents dans leurs propos alors que les lycéens, la maturité aidant, prennent davantage de recul. Même s’ils ont un discours plus nuancé, on mesure le travail qu’il reste à faire. 

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.