Une société attachée au jeunisme mais qui laisse entendre aux jeunes qu'elle n'a pas besoin d'eux. Un paradoxe qu'Interclass cherche à dissiper. Face au désintérêt politique, François Hollande a traversé la France pour échanger avec ces jeunes marseillais autour de son expérience de Président.

François Hollande avec les lycéens des quartiers Nord de Marseille
François Hollande avec les lycéens des quartiers Nord de Marseille © Radio France / Marie-Christine Lauriol

Il ne faut pas sourire devant l'ambition. Même si on n'y arrive pas, il ne faut pas avoir peur de voir trop grand. On ne voit jamais assez grand et il faut tout tenter. Ces paroles tenues par François Hollande devant un parterre de lycéens résonnent dans la tête de Nessrine. La lycéenne qui vise des études dans l'esthétique ambitionne une carrière d'actrice. Alors elle prend des cours de théâtre en vue de faire des castings. Elle n'y croit pas trop mais s'accroche à son rêve. Qui viendrait la repérer ici dans ces quartiers Nord ? Dans cette société qui pense jeune jeune jeune au nom d'une modernité de marketing jeuniste et qui ne fait rien pour l'émancipation de sa jeunesse. Mais la vie est faite de surprise et l’intervention d'un ancien président venu la rencontrer, elle et les autres lycéens, dans des barres d'immeubles où aucune personnalité de haut rang ne vient, démontre que tout est possible. 

"La politique, ce n'est pas seulement que des jeux de pouvoir, des querelles, des histoires, des combinaisons, des empêchements de l'un ou de l'autre, la politique c'est ce qui nous permet d'avoir confiance en l'avenir". Au terme d'un échange de deux heures avec les lycéennes et lycéens autour de son expérience de président de la République, François Hollande ponctue sa visite par ses quelques mots en guise d'au revoir. 

Avoir confiance en l'avenir est l'effort mené par le dispositif Interclass cette année. Ce n'est pas la confiance envers les médias qui est prioritairement recherché, c'est la confiance de l'élève en sa capacité à s'exprimer, argumenter, débattre, écouter. Dans son parcours initiatique, l'adolescent en pensant par soi même et contre lui même trouve là une voie pour s'émanciper. 

Réunis autour de Mathilde Vinceneux, journaliste marseillaise de Radio France,  les lycéens de Saint Exupéry expriment à voix haute ce qu'ils ont laissé enfoui toute l'année. La frustration, l'amertume. Cette impression d'avoir perdu un peu d'eux même et gâché leurs adolescence dans ses deux années de covid. Les écrans jusqu'à trois heures matin, l'absence de repères, et le décrochage scolaire. Claire Comtet, leur professeur principale, parle pour certains d'une santé mentale affectée et reconnait que le dispositif Interclass, plus que jamais, dans le contexte de la pandémie, a joué un rôle de cohésion. 

Et c'est donc avec envie qu'ils ont travaillé des sessions de reportage sur leurs vies mais aussi la définition de leurs propres cultures : le skate et la K.Pop. 

Interclass' au Lycée Saint-Exupéry de Marseille. Une émission animée par Emmanuel Kherad et réalisée par Lilian Alleaume.

Sous la direction d'Eric Valmir assistée de Fanny Léonor Crouzet

Equipe Radio France : Marie Christine Lauriol, Olivier Martocq, Mathilde Vinceneux, Solène Leroux, Louise Aurat

Equipe Saint Exupery : Claire Comtet, Laurent Sabatier

Avec le Clemi  Aix-Marseille et l'EJCAM

Pour celles et ceux qui veulent reproduire la méthodologie interclass ou rallier le dispositif, rendez vous sur la plateforme interclass up

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