La fête et, plus généralement, le monde de la nuit, constituent une composante importante de la vie queer. À ce titre, Camille, Gabriel, Hugo et Flora, qui ont en commun d’apprécier s’étourdir dans la danse aux sons des infrabasses jusqu’au petit matin, ont eu envie d’en parler et de rencontrer quelques actrices et acteurs des nuits queer de l’Hexagone. Première partie d’un épisode (de nouveau) en deux volets.

Au commencement était un constat : nous, personnes queer, ne nous sentons pas à l’aise dans le monde de la nuit « tous publics », c’est-à-dire dans le monde de la nuit hétéro. La nuit et, a fortiori, la fête (et ce qui accompagne la fête) accentuent les passions, exacerbent les émotions… et aggravent les formes de domination ! La fête queer naît ainsi d’une nécessité de créer, dans la nuit, un espace safe pour les personnes LGBTQI , c’est-à-dire libéré et affranchi des codes imposés par la société hétéropatriarcale, notamment en termes de « séduction », d’occupation de l’espace public, de discriminations, de violences, etc. 

(Il va de soi que faire un épisode dédié aux soirées et aux nuits queer, c’est, une fois encore, faire un épisode politique.)

Espace de socialité, de drague, mais aussi d’activisme, la fête queer peut prendre de multiples formes, se loger dans de nombreux lieux et interstices, obéir à diverses règles, souvent implicites, parfois claires et nettes. Il convient aussi de rappeler que le queer est à la mode et, qu’ainsi, de plus en plus de soirées et de festivals estampillés « queer » fleurissent en France et ailleurs alors qu’ils n’ont de queer que le nom.

Comment alors faire la différence entre un véritable événement queer et une opération marketing destinée à faire son beurre sur le dos de la communauté LGBTQI en mal de lieux de convivialité ? La fête peut-elle être un moment politique comme un autre ? En quoi une soirée queer est-elle plus safe qu’une soirée hétéro ? Le bruit de la chasse d’eau des toilettes de La Mutinerie, à Paris, est-il radiogénique ?

Autant de questions soulevées dans cette première partie d’épisode. Tentatives de réponses avec la participation de :

Générique

  • Intérieur Queer est un podcast France Inter de Camille Mati, Gabriel Debray et Hugo Combe
  • Réalisation : Flora Bernard
  • Mixage de la première partie de l'épisode 5  : Julien Michel, Juliette Delpeyroux et Grégory Wallon
  • Musique du générique de fin : Léonie Pernet, "Butterfly (Protéine Version)", 2019