Quoi de plus naturel pour un podcast natif (et donc disponible exclusivement en ligne) que de s'intéresser à la façon dont ses thématiques principales existent sur le web et les réseaux sociaux ? L'épisode 2 d'Intérieur Queer, consacré au militantisme LGBTQI, à ses objectifs et ses moyens, laissait en effet de côté cet aspect : comment militer sur Internet ? Au programme de ce nouvel épisode : mèmes, pédagogie et campagnes anti-trolls...

Militer pour la cause LGBTQI+, c'est, entre autres choses, faire entendre sa voix, faire valoir ses droits, revendiquer son identité, qu'elle soit sexuelle ou de genre, et lutter contre les violences et les discriminations. Le deuxième épisode d'Intérieur Queer s'intéressait au militantisme et à l'activisme "traditionnels", portés le plus souvent par des structures associatives et reposant sur des moyens qui existaient bien avant l'ère numérique : marches et manifestations, rassemblements, création de lieux d'accueil et d'information, campagnes de sensibilisation, etc.

Depuis la fin du XXème siècle et le début du suivant, Internet et les réseaux sociaux viennent changer la donne et apportent des possibilités supplémentaires d'expression pour les individus, les associations et les communautés. Selon des chiffres recueillis en 2018 par l’agence We Are Social et Hootsuite : il y aurait dans le monde 4,2 milliards d’internautes et 3,4 milliards d’utilisateur·trice·s des réseaux sociaux.

Parmi elles et eux, certain·e·s nourrissent à l'endroit de la communauté LGBTQI+ une aversion farouche et, hélas, ne se gênent pas pour le faire savoir. En France, en Europe et ailleurs, les autorités luttent, plus ou moins courageusement, contre le cyber-harcèlement et les propos délictueux (menaces, diffamation, incitation à la haine, etc.) tenus en ligne, et cherchent à réguler les réseaux sociaux. La communauté LGBTQI+, comme d'autres, d'ailleurs, n'a pas attendu ces initiatives institutionnelles pour riposter, s'approprier le cyber-espace et transformer le Web et les réseaux en un lieu de tolérance, de libre-expression, de combat et de militantisme

Dans les pays où leur identité sexuelle ou de genre n'est ni un crime ni un délit, nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui utilisent les forums, Facebook, Twitter ou Instagram pour clamer haut et fort la fierté d'être ce qu'ils ou elles sont. Faire son coming-out sur YouTube, en présence ou non de sa famille, faire des stories pédagogiques et didactiques sur Instagram, répondre aux "trolls" dans les commentaires Facebook, recenser et déconstruire les attaques haineuses ou discriminatoires, signaler les comptes Twitter (anonymes ou non) contrevenant aux règles de la plate-forme (et aux lois du pays) le cyber-activisme en 2019 est multiple, réticulaire et protéiforme.

Ces méthodes sont-elles vraiment efficaces ? Quel est le moteur de la personne qui anime le compte Twitter @ParisPasRose (aussi connu sous le nom de Claire Underwood) ? Une vidéo de pédagogie peut-elle faire mouche entre deux vidéos de poterie ? (Pour qui, d'ailleurs, sont faites les vidéos des poteries ?) Qu'est-ce qui pousse un Russe homosexuel ou une femme trans à rendre public leur coming-out ? L'anonymat sur les réseaux est-il bénéfique ou délétère ?  Telles sont les questions que se posent Camille, Gabriel et Hugo dans ce troisième épisode d'Intérieur Queer.

Avec le témoignage de :

Générique

  • Intérieur Queer est un podcast France Inter de Camille Mati, Gabriel Debray et Hugo Combe
  • Réalisation : Flora Bernard
  • Mixage de l'épisode 3 : Maxime Ingrand
  • Musique du générique de fin : Léonie Pernet, "Butterfly (Protéine Version), 2019