Suite et fin de cet épineux double épisode consacré aux relations qu'entretiennent les personnes queer avec leur famille. Où l'on apprend qu'il existe des fratries entièrement LGBTQ, qu'une opération des dents de sagesse peut donner lieu à un coming out forcé et que, pour certain·e·s, réfléchir à son héritage familial rime avec recherche historique.

Il fallait donc deux parties à cet épisode pour venir à bout des questionnements qui entourent nos liens avec nos familles. Car, de tous les sujets que l’on pourrait aborder, celui-ci est bien l’un des plus épineux. Mais aussi l’un des plus essentiels. 

Les jeunes LGBTQI sont, dans de nombreux pays, surreprésentés parmi les personnes sans domicile fixe. Aux États-Unis, ce sont plus du tiers des jeunes sans abris qui se déclarent gay, lesbienne, bi ou trans. En France, si aucun chiffre n’existe sur le sujet, on peut rappeler que l’association Le Refuge, qui s’occupe de reloger les jeunes exclu·e·s par leur famille, accueille plus de 150 jeunes et reçoit près de 6000 appels de détresse chaque année. Des chiffres toujours en hausse. SOS Homophobie déclare que 80 % des personnes qui les contactent signalent du rejet parmi leurs familles, 48 % y sont victimes d’insultes, et 30 % subissent du chantage ou des menaces.

L’exclusion familiale n’est heureusement pas systématique, mais, même dans les familles où domine une certaine acceptation, nombreux et nombreuses sont celles et ceux qui témoignent d’une gêne, d’une amertume, ou d’une tristesse, quand ils pensent à leur famille. Didier Éribon parle, dans Réflexions sur la question gay, d’un sentiment partagé par nombre de personnes LGBTQI  : une mélancolie qui nous prend aux tripes, quand on est face au gouffre qui, parfois, nous sépare de ceux et celles qui nous ont élevé·e·s. Comment continuer à se sentir proche de personnes qui partagent de moins en moins d’expériences en commun avec soi, voire à qui l’on cache une partie de sa vie ? 

Dans la seconde partie de ce quatrième épisode, Gabriel Debray, Hugo Combe et Camille Mati poursuivent donc l'exploration de leurs relations avec leurs familles respectives (dans les limites d'une auto-censure raisonnable).

On entendra aussi Aroun, fils d’une famille française originaire de Pondichéry, qui, même s’il a du mal à communiquer avec sa mère sur son identité trans, n’envisagerait pas de rompre les liens. Il y a aussi Denisa, mère de quatre enfants, dont trois sont homos et pour qui la sexualité de ses enfants n’a jamais été un problème.

Les références

Didier Éribon, Réflexions sur la question gay, Fayard, 1999 / Flammarion, coll. Champs, Essais, 2012

Générique

  • Intérieur Queer est un podcast France Inter de Camille Mati, Gabriel Debray et Hugo Combe
  • Réalisation : Flora Bernard et Fanny Bohuon
  • Mixage de la seconde partie de l'épisode 4 : Vincent Godard
  • Musique du générique de fin : Léonie Pernet, "Butterfly (Protéine Version), 2019