1000 maires des plus grandes villes du monde se réunissent vendredi à Paris. Objectif: répondre au défi local que représente le réchauffement climatique. Parmi eux, la nouvelle maire de Madrid, issue de la gauche radicale est l'invitée de Léa Salamé.

Il y a 10 ans, l’Espagne était frappée par les attentats de la gare d’Atocha qui ont fait près de 200 morts. Suite à cela est-ce que les Espagnols ont accepté de renoncer à une part de leurs libertés ?

À vrai dire nous n’avons pas renoncé à une part de notre liberté, peut-être parce que ça faisait 20 ans qu’on vivait le désastre de la lutte terroriste avec ETA. Mais il n’y a pas eu de changement dans notre Constitution.

Vous êtes à Paris pour le sommet des villes dans le cadre de la COP 21 organisé demain à l’initiative d’Anne Hidalgo et de Michael Bloomberg, ancien maire de New York. Honnêtement, la lutte contre le réchauffement climatique se passe au niveau des Etats pas au niveau des villes. Qu’est-ce que vous allez faire ?

Ce que les gouvernements locaux peuvent faire est très important : le logement, l’environnement, les transports dépendent de nous. Nous allons porter un engagement de réduction de moins 40% de CO2.

Les élections législatives ont lieu dans trois semaines, il y a quelques mois le parti Podemos était donné gagnant, aujourd’hui Podemos est 4ème. Qu’est-ce que ce parti a raté ?

Ce qui est intéressant chez Podemos est qu’ils ont été les premiers à proposer un changement en politique.

On a l’impression quand Podemos ou Syriza deviennent moins populaire dès qu’ils adoucissent leur discours ?

Ce n’est pas le cas, l’adaptation de Podemos à une grande majorité ne lui fait pas perdre des voix. L’impression que nous avons ces jours ci est que Podemos est en train de remonter la pente.

La Cour constitutionnelle espagnole a rejeté la résolution du Parlement Catalan sur l’indépendance de la Catalogne. L’indépendance de cette région n’arrivera jamais ?

Je pense que nous avons un problème grave, il faudra le résoudre en modifiant la Constitution. Aujourd’hui il n’est pas possible d’organiser un référendum. Tous les partis électoraux préfèrent qu’il y ait une réforme de la Constitution.

Maintenant il y a un affrontement entre les Catalans et Madrid : beaucoup vont voter pour l’indépendance sans le vouloir, pour s’opposer au Gouvernement.

Nous avons aussi des élections en France. Le FN est donné en tête dans plusieurs régions. Cette montée du FN vous inquiète ?

Je suppose que ça a beaucoup à voir avec nos histoires. Je pense que dans notre pays, il y a un fait déterminant : en avoir fini avec le terrorisme au pays Basque. Le phénomène d’immigration en Espagne a été plus immédiat et peut-être plus intégré.

Vous trouvez qu’il y a un problème d’intégration en France ?

Je crois oui. Il y a plusieurs années quand il y a eu la révolte dans les banlieues, nous avons beaucoup lu sur les problèmes de ces Français qui étaient issus de l’immigration, dû à la crise économique.

Vous êtes une femme politique et vous parlez de vos états-d’âme. Vous avez déclaré « le job des maire ne me rend pas heureuse ». C’est rare !

Moi je suis très exposée, je ne viens pas naturellement de la politique. Je suis une femme politique ponctuelle. Je ne partage pas les valeurs politiques traditionnelles. Ce n’est pas une situation qui me rend heureuse : avoir le pouvoir et être maire de Madrid car je ne chiffre pas le bonheur en termes de pouvoir.

Vous avez une vraie liberté de parole. Vous avez déclaré que « le clitoris était une grande invention ».

J’ai trouvé très surprenant de voir des études qui disaient que les femmes feignaient l’orgasme. Il faut savoir que la sexualité est une source de bonheur pour les hommes et pour les femmes, je crains qu’il y a ait des jeunes femmes qui n’arrivent pas à maîtriser leur sexualité.

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