Reçue par Bernard Cazeneuve et Jean-Jacques Urvoas, elle réclame l'intervention de l'armée et plus de fermeté de la part du gouvernement, notamment face aux incidents qui se multiplient avec les migrants. La maire de Calais est l'invité de Léa Salamé.

Quand on pense à Calais on pense au plus grand bidonville du monde. Mais vous, la maire de Calais, quelle est l’image que vous avez de la jungle ?

Je pense à tout ce qui a été fait au niveau humanitaire pour préserver ces femmes et ces enfants. Je pense surtout au développement des projets : port Calais 2015, le plus important pour les prochaines années 900 millions d’euros, je pense au parc d’attraction, qui est mature pour être mis en place, je pense à cette situation géographique qui nous pénalise aujourd’hui mais qui est aussi une force. Nous sommes à 30 km des côtes anglaises.

Vous avez été reçu hier par Bernard Cazeneuve, il annonce que les manifestations et notamment celle de Pegida qui était prévue ce weekend sont interdites , bonne décision ?

Oui je le réclamais. Elles génèrent trop de peur, de contrariété . Pour rassurer l’ensemble de la population.

Vous réclamez toujours l’intervention de l’armée ?

Pour réduire l’espace qui n’est pas humanitaire, de la Lande, il faut que les missions puissent être organisées à 100%.

Parlez-nous de la situation des femmes. La responsable à Calais de Médecins du Monde dit que « toutes les femmes dans la jungle ont subi violences et abus sexuels ». C’est vrai ?

Je ne pense pas que ce soit vrai. Toutes les femmes n’ont pas été agressées.

Par contre il y a des difficultés par rapport aux soins. Elles demandent une attention particulière. Nous avons toutes des problématiques qui doivent être suivies. Des IVG, un suivi gynécologique, c’est cet aspect qu’il faut améliorer au niveau de la permanence de soin. A mon sens, elle n’a pas d’effectif suffisant.

Le ministère annonce 3800 migrants, ils étaient 6000 il y a quelques semaines encore. Ce que fait l’Etat va dans le bon sens ?

Oui mais dire que nous sommes 3800 aujourd’hui, je ne sais pas comment les migrants sont comptabilisés mais il n’y a pas que les migrants, il y a les migrants, les humanitaires, le « no border », les passeurs.

En septembre, vous disiez « les migrants c’est une richesse exceptionnelle », vous l’assumez toujours?

Je l’assume. Avoir différentes nationalités ne peut être qu’une richesse culturelle. Même si c’est une citation qui a pu être détournée par le FN.

Ça marche puisque Marine Le Pen a fait près de 50% au premier tour.

Vous avez reçu hier le prix du trombinoscope de l’élue 2015. Qu’avez-vous dit dans votre discours ?

J’ai dit que je prenais ce prix avec beaucoup d’humilité , que je souhaitais le partager avec les membres de mon conseil municipal.

Vous n’êtes pas jalouse des autres maires ?

Je suis parfois jalouse des autres maires. Peut-être bientôt une émission « on échange nos communes pendant trois mois » ?!

Qui a dit « Je quitte mon mandat pour me consacrer pleinement à ma région » ?

C’est moi, il n’était pas prévu que je démissionne.

L’ ennui, on l'apprend seulement hier…c’est la nouvelle façon de faire de la politique ?

Je ne l’ai pas caché. Jean-François Rapin m’a sollicitée, il doit s’occuper de toute la partie judiciarisation.

[…] Il y a des assistants qui sont en circonscription.

Je suis rémunérée depuis le 15 janvier dernier. Ça interpelle certains. C’est une situation intermédiaire, le temps de la démission, de la transmission des dossiers.

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