L'ancien conseiller de Michèle Alliot-Marie règle ses comptes et publie "La République des Conseillers" chez Grasset. Il est l'invité de Léa Salamé.

Vous avez été au cœur du pouvoir pendant huit ans, conseiller au ministère de la Défense, de l’Intérieur puis de la Justice, un pouvoir qui, dites-vous, « m’a aveuglé », vous avez été chassé en 2010 quand éclate l’affaire Bettencourt, vous avez été limogé en 2 minutes.

En 2010, une enquête est diligentée, illégale, par les services secrets, contre moi, en dehors de toute procédure légale.

Sarkozy, ou MAM se disent : c’est lui qui a transmis le document au Monde.

C’est le rôle des conseillers d’avoir des relations avec la presse. On n’a jamais prouvé quoi que ce soit me concernant, dans la mesure où je n’ai jamais transmis aucun document.

Que s’est-il passé ?

C’est suave et amer. MAM me demande qui est ce journaliste, qu’elle fait semblant de ne pas connaître. Elle dit qu’il faut penser à l’évolution de ma carrière.

Ce poste est symbolique puisqu’elle vous envoie à Cayenne pour un poste qui n’existe pas, contre un deal. Si tu pars, on oublie tout.

Ce pacte faustien […] est totalement illégal : on ne nomme pas un magistrat outre-mer sans les formes. C’est juste le Garde des sceaux qui me dit ça. Ce n’est pas un deal entre elle et moi mais elle et les autres, peut-être la présidence de la République.

En filigrane vous parlez d’un Président qui intervient dans les affaires judiciaires : Polanski.

Dans l’affaire Polanski il a été demandé de suspendre toute relation avec la Suisse pour punir la Suisse qui a arrêté le réalisateur.

Pour Clavier, j’ai vu le responsable de la sécurité en Corse être limogé pour avoir refusé de prêter main forte à Christian Clavier.

Mais c’est toujours arrivé ? Vous découvriez l’eau chaude ?

Je témoigne de ce que j’ai vu et j’en ai vécu les conséquences au regard des grands principes.

Votre message c’est il y en a assez que les conseillers paient ?

Qui décide dans l’Etat ? Les conseillers ? S’agit-il des élus, qui disposent d’une juridiction propre, ils ont un suffrage universel de rechange quand l’autre est usé ? Où est la responsabilité de ceux qui détiennent le pouvoir ? C’est la question que je pose.

Quand Nicolas Sarkozy dit dans le Parisien hier, « qu’un juge décide de géolocaliser mon portable je peux me poser des questions » « je veux savoir si un autre client de la compagnie a été géolocalisé » ? Il ressent une forme de harcèlement, c’est normal ?

Je suis frappé par le paradoxe de l’émotion suscitée par le travail d’un juge indépendant, qui agit dans un cadre légal : il décide de géolocaliser un portable et ça devient un scandale.

Quand le patron des services secrets géolocalise en dehors de tout cadre légal quelqu’un, comme je l’ai été, c’est normal.

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