Le vice président délégué du Medef, réagit après l'agression du DRH d'Air France et du directeur du groupe sur le site d'Orly, suite à l'annonce de 2 900 suppressions d'emploi.

Comment en est-on arrivé là ?

Je pense que c’est une minorité de personnes qui ont perdu leurs nerfs.

Quel impact médiatique ?

Je fais confiance à nos amis Anglo-saxons pour nous taper une fois de plus dessus. Je ne crois pas que ces images disent la vérité sur le dialogue social en France. […] Je note que la CFDT a fermement condamné ces violences et je m’en réjouis.

C’est la 4ème vague de suppression d’emplois à Air France en 4 ans, vous comprenez que cette violence arrive ?

Ce qui est violent ce n’est pas de perdre son travail c’est de ne pas en trouver. […] Les restructurations de compagnies aériennes il y en a eu partout, la Lufthansa par exemple, et il n’y a pas eu ces problèmes. On s’arc-boute sur la destruction d’emplois […] Et c’est tout le problème. […]

On a créé plusieurs milliers d’emplois l’année dernière même si le net est encore négatif.

Air France était un cas d’école sur la négociation des entreprises. Depuis 4 ans ça ne fonctionne plus bien. Il n’y a pas une responsabilité de la nouvelle direction ?

Je pense que c’est un cas d’école dans l’autre sens. A force de compromis […], les pilotes travaillent 100 heures de moins que leurs collègues de Lufthansa, à force de céder aux revendications corporatistes on a mené l’entreprise à cette situation.Je crois au contraire qu’Alexandre de Jugnac a eu le courage de mettre à plat les choses, de dire les choses, ce que les directions précédentes n’avaient pas faite et qui avaient lâchement accepté des compromis qui ont mené l’entreprise là où elle est.

L’Etat doit intervenir ?

L’Etat doit intervenir comme les autres actionnaires.

Quand je vous écoute ce matin je pense au patron de Ryanair, il a des solutions : supprimer des milliers d’emplois !

Il est allé mettre un peu de sel sur les plaies et en a rajouté.

Il faut une restructuration profonde pour repartir. Si l’Etat ne calme pas le jeu dans deux ans ce ne sera pas 3 000 postes qu’il faudra supprimer mais 7 000.

Quand Jean-Claude Mailly parle dans les Echos ce matin des faucons du MEDEF, vous vous sentez visé ?

Oui je me sens visé mais ça m’est déjà arrivé. |… il parle des retraites complémentaire. […] On ne fera pas une réforme pour rien, ces régimes sont au bout. Si on ne fait pas une vraie réforme on n’y arrivera pas. […] La réforme est dure mais c’est pour sauver le système.

Il menace de ne pas signer l’accord sur l’assurance chômage. Le Conseil d’Etat a annulé la nouvelle convention chômage que vous avez signé avec trois syndicats : "un désaveu pour le MEDEF", titre l’Humanité...

Le différé d’indemnisation n’est pas remis en cause. […] Ce n’est pas un désaveu.

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