Que reste-t-il de l’héritage de François Mitterrand ? L'abolition de la peine de mort, la retraite à 60 ans, sa présidence aura marqué les Français. Son ami et ancien collaborateur est l'invité de Léa Salamé.

Est-ce qu’il vous manque ?

Oui, l’idée me passe par l’esprit et j’aimerais en parler avec lui.

Il reste un des présidents les plus populaires, comment vous expliquez cette nostalgie ?

Ceux qui veulent entretenir des polémiques alimentent. Il y a la longévité, qui a traversé deux septennats. Il a déchainé les passions par sa personnalité exceptionnelle.

C’est une nostalgie pour l’homme ou la période ? D’une France qui était encore une grande puissance ?

Grande puissance ça dépend.

Un couple Kohl Mitterrand dont tout le monde a gardé le souvenir en Europe, après c’était plus compliqué.

Le temps est venu d’aborder la question Mitterrand objectivement . Il y a énormément de travaux. Aujourd’hui, il y a un ton différent. A l’institut François Mitterrand, on est en train de rééditer toutes les œuvres de Mitterrand à l’institut avec des préfaces

Quand on pense à l’héritage de Mitterrand, il y a deux choses qui reviennent, la peine de mort et l’Europe. Une Europe forte avec un couple franco-allemand.

Il avait proposé une confédération, le 31 décembre 1989. C’était très intelligent [mais trop tôt]. Il avait dit qu’il faudra 15 ans pour que les pays de l’Europe de l’Est rentrent dans l’Europe, sur le moment tout le monde l’avait traité de vieux crabe, 15 ans après ils rentraient dans l’Europe.

On a perdu une occasion d’avoir une relation politique saine indépendamment de la politique de négociations qui est souvent humiliante pour les candidats en dehors des procédures d’adhésion. C’est un loupé.

Vous revenez souvent sur les polémiques. Ca vous gêne ?

Lisez Roussel, c’est quelqu’un qui est distancié. Il lutte contre le pêcher classique de polémique : l’anachronisme : projeter des sentiments d’aujourd’hui sur des contextes qui n’ont rien à voir.

Les périodes ne sont pas comparables mais il y a un point commun avec François Hollande ? Quel a été leur premier voyage ?

Vous allez répondre l’Arabie Saoudite. Mais François Mitterrand voulait aller en Israël mais comme Begin avait détruit un projet nucléaire en Irak et tué un technicien Français, pour marquer le coup il était allé en Arabie Saoudite.

On ne peut pas comparer une sorte de choix : l’histoire d’un engagement exagéré vis-à-vis de l’Arabie Saoudite, ce n’était pas le cas en 1981.

Est-ce que c’est le cas en 2012 ?

Les dirigeants n’ont pas eu tort de vendre le rafale à des pays qui voulaient enfin l’acheter .

Il faut les aider à gérer le retour de l’Iran dans la scène actuelle, c’est compliqué. Il faut avoir une relation forte des deux côtés.

Comment Mitterrand aurait réagi face au terrorisme ? Inscrire la déchéance de nationalité dans la Constitution ?

C’est un gros piège votre question.

Je ne sais pas ce qu’il aurait fait. Il était confronté à des vagues de terrorisme, à l’époque, ce n’était pas la même chose que la convulsion énorme qui est en train de bouleverser l’islam avec les 1% et les autres. C’était plutôt des relations avec des pays.

Michel Charasse révèle dans la revue Charles qu’il avait toujours une arme dans son bureau à l’Elysée et François Mitterrand lui avait dit « si je ne suis plus en état, tu feras le nécessaire ».

Déjà il ne le tutoyait pas, alors la confidence est douteuse . Donc je me demande à quoi cette arme était destinée.

Personne ne peut dire qu’il sait tout sur François Mitterrand. Charasse toujours.

C’est vrai. Il gardait une zone d’intimité de protection.

Un culte du secret ?

Comme dans tous les métiers importants.

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