L'Union Européenne impose l'étiquetage des produits importés des colonies israéliennes. Israel a condamné cette décision et convoqué le représentant de l'UE. L'ambassadrice d'Israël en France était l'invité de Léa Salamé.

Léa Salamé : Rohani a annoncé hier que l’Iran va acheter des Airbus. La France le reçoit la semaine prochaine. L’ambassadrice que vous êtes est-elle gênée par tant de déférence ?

Aliza Bin-Noun : "Ce que j’ai entendu hier, c’est qu’il ne reconnaît pas l’Etat d’Israël. Il est pour la destruction d’Israël et personne n’a réagi."

Il ne parle plus de rayer Israël, il dit : l’Etat actuel n’est pas légitime. Est-ce que la position de l’Iran s’est adoucie ?

"Pas du tout, au contraire, ce qu’il a dit c’est que tous les réfugiés palestiniens dans le monde doivent rentrer en Israël et avoir le droit de vote. Mahmoud Ahmadinejad et Rohani, ce sont les mêmes."

Il ne faut pas les recevoir ?

"L’Iran n’est pas un pays légitime, un pays qui veut la paix dans le monde, il faut voir ce qui arrive au Liban, au Yémen."

Est-ce que vous dites à Hollande, ne le recevez pas ?

"C’est trop tard, mais il faut surveiller l’Iran avec attention."

Hier, l’Union européenne a décidé d’étiqueter les produits en provenance de la Cisjordanie. Benjamin Netanyahu dit "c’est une honte". L’UE répond "non, on informe juste les consommateurs". C’est faux ?

"Je pense que c’est une décision discriminatoire. Ce n’est pas une décision technique. Ces produits viennent de la Cisjordanie, un territoire contesté, comme 200 autres territoires dans le monde et l’UE s’est fixée sur nous, dans un contexte très difficile."

Est-ce que vous concédez que ce n’est pas la même chose d’étiqueter des produits et de faire un boycott ?

"Pour nous c’est presque la même chose. J’ai entendu un chef de l’autorité palestinienne qui a dit que c’était la première étape pour un boycott. Je ne suis pas sûre que le consommateur fasse la différence entre le produit ce Cisjordanie et d’Israël."

Hier Netanyahu et vous-même avez dit : cet étiquetage rappelle de sombres souvenirs et "c’est une décision anti-juive". Je ne comprends pas : pourquoi ?

"Ceux qui souffrent ce sont les Israéliens en Cisjordanie."

Critiquer la politique israélienne en Cisjordanie est-ce que c’est critiquer tous les Juifs ?

"Il s’agit de mesures concrètes, discriminatoires."

Mais comparer l’étiquetage à la seconde guerre mondiale, est-ce que ce n’est pas brouiller le message d’Israël ?

"Je n’ai pas dit que c’était la même chose : j’ai dit que cette décision discriminatoire nous rappelle des périodes obscures. C’est une décision à double standard au lieu de mettre la pression sur ceux qui ne veulent pas discuter, ceux qui ne veulent pas la paix."

Israël va suspendre toute négociation avec l’Union européenne.

"Non, il s’agit juste de certains dialogues qui devaient avoir lieu."

Un député israélien propose d’étiqueter tous les produits qui viennent d’Europe, c’est une bonne idée ?

"Ce n’est pas réaliste, c’est une manifestation émotionnelle."

Vous craignez une troisième intifada ?

"Je pense que ça ne va pas s’arrêter. La possibilité existe toujours. Chaque jour il y a un attentat. C’est une situation inacceptable."

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