Il a quitté son siège de député 'Les Républicains' pour se consacrer à son poste de vice -président de la région Nord-Pas-de-Calais. Très critique à l'égard de Nicolas Sarkozy, Gérald Darmanin, maire de Tourcoing est l'invité de Léa Salamé.

Le président du consistoire de Marseille incite les juifs à enlever leur kippa et se cacher un peu. C’est ça être Juif en France en 2016 ?

C’est un terrible constat.

Heureux comme un juif en France disait-on. La révolution en France a permis la liberté dans l’espace public. Il ne faut surtout pas qu’ils retirent ces kippas.

Avec un pincement au cœur, Xavier Bertrand a fait ses cartons à l’Assemblée Nationale. Vous avez été élu député à 29 ans, ça va vous faire quoi de quitter le Palais Bourbon ?

Ca va me faire de la peine. C’est mon premier mandat qui m’a permis de porter des idées […] et en même temps j’ai vérifié les limites d’un parlementaire qui n’a pas d’exécutif local.

Nos institutions sont très malades , je crois que les parlementaires n’ont pas les moyens de contrôler l’action du Gouvernement, n’ont pas véritablement les moyens d’aider leurs concitoyens et en même temps ils sont rejetés par la population.

Laurent Wauquiez pense le contraire. Il dit qu’il est important de garder un ancrage local avec le terrain.

Il pouvait rester Conseiller municipal de sa ville. Il me semble que lorsqu’on est président de région, la deuxième région de France, rester parlementaire me parait relever de superman.

Qu’est-ce qui ne marche plus avec Nicolas Sarkozy ?

Ce qui ne marche plus avec les politiques en général et en particulier avec les 2 punchingballs français que sont Nicolas Sarkozy et François Hollande , j’ai essayé modestement de lui dire, qu’il y avait une différence fondamentale entre ce que son entourage pensait être sa popularité et le peuple de France.

Peut-être que les Français n’ont pas compris quel grand Président il a été, peut-être qu’il faut le réexpliquer.

Le droit d’inventaire que je réclamais en 2012 sur cette antenne, lorsque j’ai été élu, mériterait aujourd’hui d’être fait par Nicolas Sarkozy et la droite.

Je crois que les Français n’ont pas envie de revivre le casting de 2012.

Vous lui avez dit ?

Oui.

Je pense qu’il peut toujours gagner cette primaire et la présidence de la république mais au prix de grands efforts.

Vous avez refusé un poste à la direction du parti parce que le parti se droitiste trop. Êtes-vous sûr de ça ? Regardez les régionales, la France est de plus en plus à droite.

Le Front national est le premier parti de France mais ce n’est pas la droite en laquelle je crois.

Je crois en une droite sociale, […] je crois en une intervention de l’État.

Le Sarkozy que j’ai aimé, que j’ai soutenu, que je soutiendrai peut-être demain, c’est celui de 2007. C’est une campagne "séguiniste et pas buissonienne".

Mais vous découvrez la lune ? Sa ligne identitaire, ça n’est pas nouveau.

Sarkozy c’est aussi celui qui a créé le CFCM , celui qui a dit que les religions avaient leur importance dans l’espace publique, que les musulmans de France étaient un grand atout pour notre pays.

Je constate aujourd’hui, que la ligne politique de mon parti, dont je suis désormais minoritaire, n’est pas celle que je souhaite défendre.

Quand vous n’êtes plus promu, vous n’êtes plus sarkozyste.

J’ai été élu à 55% au moment où Nicolas Sarkozy faisait moins de 44% des voix aux présidentielles.

Donc vous ne lui devez rien ?

Ce n’est pas que je ne lui dois rien mais je considère que j’ai le droit d’avoir des convictions.

Où en est le grand rapport pour l’islam" qui devait être prêt avant les régionales ?

Je crois qu’on avait des divergences de fond sur le rapport entre l’islam et la France, les religions et la France.

Il me semble quela question des spiritualités , comme le disait Malraux, sera le grand enjeu des prochains quinquennats et je compte publier des choses sur le sujet.

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