Elle fait partie des signataires de l'appel pour l'organisation d'une primaire à gauche, publié dans "Libération" et réclamant le retour d'un débat d'idées avant l'élection présidentielle de 2017. La journaliste et romancière est l'invité de Léa Salamé.

Vous avez signé la pétition « pour une primaire à gauche ». « Même pas en rêve » vous répond Jean-marie Le Guen, en langage jeune ça veut dire se prendre un vent ?

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Pas du tout, je me demande comment sera ressentie sa réaction, cette espèce de mépris institutionnel.

Vous trouvez ça méprisant cette réaction ?

J’ai l’impression que c’est très lointain.

On voit l’intérêt de Daniel Cohn Bendit de participer à cette pétition, mais vous ?

Parce qu’on me l’a proposé, on est des citoyens de ce pays, on n’est pas un pays d’experts . C’est une aventure collective de faire un pays. Soyons nombreux.

Qu’est-ce qui vous donne envie ? Qu’est-ce qui vous met en colère ?

Ca fait des années qu’on va voter à reculons […] c’est comme si ça servait à rien. Là on vous dit, comme citoyen allez-y. On serait très nombreux à pouvoir s’associer à cette démarche.

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Est-ce que ça ne ressemble pas à un tout sauf Hollande ?

Je n’ai pas envie de dire de noms. Ce n’est pas de gens dont on a besoin mais d’iidées.

Tout ce qui relève du progressisme on l’a laissé à des gens qui en ont fait tout autre chose. Toute la droite, c’est Jaurès sans arrêt. Des gens qui disaient être de gauche sortent des propositions d’extrême droite.

On sent bien qu’il y a un désordre intellectuel. Mais aujourd’hui pour vous, en 2016 ça veut dire quoi être progressiste ?

Inventer des solutions qui ne sont pas dans la réaction, ne pas dire, avant c’était mieux.

Souvent on a l’impression que la maison va tomber sur nous.

On a des gens qui proposent des petites solutions au jour le jour, un petit machin, l’état d’urgence, la déchéance.

C’est un petit machin l’état d’urgence et la déchéance ?

Non mais à l’échelle des enjeux est-ce qu’on pourrait avoir une vision plus vaste.

Pourquoi la gauche alternative en France ne fonctionne pas ? Pourquoi toutes les initiatives de société civile ne fonctionnent pas ?

L’idée de créer une primaire c’est peut-être l’occasion de faire émerger ces pensées-là. Il y a un an où l’on peut créer du débat, qui ne tente rien n’a rien.

Mélenchon vous dit non.

Non mais Mélenchon mais pouuu. C’est tout seul Mélenchon. Demandez à vos amis, autour de vous, Mélenchon dit non, Le Guen dit même pas en rêve. Et après ? Ce n’est pas eux qui vont nous dire ce qu’on va faire et penser.

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Je sais que vous ne voulez pas parler de personne mais en Espagne et en Grèce ce sont deux personnes qui ont incarné des idées : Iglesias, Tsipras. Vous le voyez, le jeune, la jeune qui vous redonnerait l’espoir ? Dans les signataires ?

Je n’en ai pas la moindre idée. Ce serait bien qu’on ne mette pas une personne d’abord. Mais j’aimerais bien une idée.

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