Députée Europe-Écologie-Les Verts, coprésidente du groupe écologiste à l'Assemblée nationale, Cécile Duflot était l'invitée de Léa Salamé. Elle est notamment revenue sur la grogne des policiers et le placement en garde à vue des auteurs de violences à Air France.

Léa Salamé : vous aviez dit vouloir prendre de la hauteur… Ce temps là est terminé ?

Cécile Duflot : "C’était avant que nous soyons dans une situation compliquée. Je suis la première à dire qu’il faut prendre ses responsabilités : je l’ai fait."

À un mois et demi de la COP 21, trouvez-vous normal que nous n’entendions dans le débat qu’une série de "petites phrases" ?

"C’est une des raisons pour lesquelles j’ai pris ce poste. Un des pays les plus en avance en 1970, c’était la France. Nous avons ensuite reculé avec le nucléaire. Nous sommes très en retard sur les questions énergétiques en France. Il faut mener une politique écologique, ce n’est pas ce que fait le gouvernement."

Les cinq salariés d’Air France vont être jugés en décembre pour "violence aggravée". Qu’en pensez-vous ?

"Il faut que justice soit faite. Je suis d’une famille politique qui revendique la non-violence. Quand Jean-Luc Mélenchon dit "Recommencez" , ce n’est pas ma position. En revanche, je dis qu’il y a une scénarisation de l’autorité. J’ai rencontré les syndicalistes d’Air France : ces gens racontent leur chemin de salariés. Au bout de quatre ans, ils disent les efforts qu’ils ont faits. C’est ce que vivent des milliers de salariés. Ils font des efforts et souvent on les prend pour des idiots."

Nous n’entendons que le "Recommencez ". Est-ce que c’est normal de la part d’un responsable politique ?

"Vous [les médias ] aimez ça ! Et c’est justement pour cette raison que c’est vers lui que les micros vont se tendre…. C’est compliqué de poser un discours nuancé."

Fait rarissime : des policiers vont manifester contre Taubira. Ras-le-bol d’une justice qui déraille ?

"Je comprends le manque de moyens, j’ai longtemps été l’élue d’une ville de banlieue, les conditions dans lesquelles ils travaillent sont indignes. Mais en même temps, la justice prend des décisions en phase avec le droit : pas l’émotion, la réaction. On ne peut pas dire que les policiers en ont marre de courir après les délinquants qui sont relâchés. J’y pense tous les jours, les policiers font un métier difficile. […] Il y a des centaines de milliers de permissions qui se passent bien. Il faut dire la vérité."

Bernard Cazeneuve a dénoncé hier les dysfonctionnements de la justice.

"Je soutiens ce que fait Christiane Taubira. Son discours est nécessaire en démocratie. La Justice en France est un des ministères en Europe qui a le moins de moyens en Europe compte tenu du nombre de dossiers traités."

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