La Banque de France a annoncé hier avoir dégagé un bénéfice net de 2,23 milliards d’euros en 2015, en hausse de 8% par rapport à 2014. Son Gouverneur, François Villeroy de Galhau est l'invité de Léa Salamé.

►►►François Villeroy de Galhau répond aux questions de Léa Salamé

La Banque de France a publié ses résultats hier pour 2015. La Banque de France est une entreprise qui se porte très bien. Les résultats sont solides, au même niveau que l'an dernier. C'est une bonne nouvelle pour tous les Français. 237 000 familles dont on a pu régler la situation de surendettement […] Ces résultats profitent à la collectivité publique tous les gains sont reversés à la collectivité publique, ça fait près de 3 milliards d’euros par an. Ces gains contribuent au budget français.[…]

Vous affichez 4,7 milliards d'euros de bénéfices. La banque de France est une banque d'affaires comme les autres. Pas du tout. Nous n’investissons pas avec l’idée de gagner de l’argent. Nous n'avons pas de clients. Notre but, c’est d’avoir la bonne inflation et de soutenir l’activité et la croissance.

Est-ce qu'on est sur une bonne inflation avec 0,01%. Est-ce qu’on est en déflation ?

On est même à -0.2 pour février. Notre cible est d’avoir une inflation à moyen terme de 2%, Jeudi dernier nous avons décidé de mettre le paquet pour soutenir l‘activité et le financement de l’activité réelle.

Il y a quand même de gros doutes sur la politique de la BCE : la planche à billets ! Cette politique marche car elle permet pour les entreprises de disposer de financements à taux extrêmement bas.

Sur la croissance ?

Il y a des estimations convergentes. Sur l’inflation cela représente 1% d’inflation cumulée en 2015-2017. Si nous n’avions pas agi, l’inflation aurait été plus basse.

La politique monétaire a représenté 0,3% de croissance en plus en 2015. C’est peut-être abstrait mais ça veut dire 80 000 emplois supplémentaires.

En janvier vous aviez prévu 0,4% de croissance.

Il y a un tassement de la croissance dans le monde qui marque le pas. Pour la zone euro nous avons revu la croissance à la baisse à 1,4% pour l’ensemble de la zone euro, la France sera un peu en-dessous [pour 2016].

Pourquoi ça ne marche pas ? Est-ce que la politique monétaire n’est pas la bonne ?

Elle ne peut suffire à elle seule. Il y a des éléments extérieurs […] Il faut une mobilisation générale autour de l’investissement privé et publique. Il faut des réformes.

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Le plan Junker : 300 milliards d’euros pour l’investissement européen. Mais ça ne marche pas ?

Il y a des débuts de résultats, ce n’est pas assez. J’ai proposé qu’on renforce le plan Junker pour faire une vraie union de financement et d’investissement. […]

La loi El Khomri, Manuel Valls a-t-il eu raison de reculer ?

[…] Nous ne pouvons pas rester le seul grand pays de l’Europe où le chômage ne recule pas. […] L'Italie a eu 2 fois moins de croissance en 2015 ils ont créé 3 fois plus d'emplois. […]

Mais en France il y a eu le CICE, le pacte de responsabilités, est-ce qu’il ne faut pas tout miser sur la relance comme le propose Thomas Piketty ?

Sortons des affrontements théologiques. Il faut à la fois soutenir la demande et l’offre.

Sur la demande la politique monétaire est très active. En France, il faut faire les réformes pour donner confiance et donner de la clarté.

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