Après le bombardement lundi d'un hôpital au nord de la Syrie, MSF dénonce un ciblage des structures de santé. Le secrétaire général de l'ONU dénonce une "violation du droit international". La directrice des opérations de MSF est l'invité de Léa Salamé

Lundi 10 morts dans le bombardement d’un hôpital soutenu par MSF en Syrie. Aujourd’hui, vous savez qui a frappé l’hôpital ?

Il est situé dans une zone de l’opposition, il a été bombardé trois fois dans les années précédentes mais lundi face à la précision et l’intensité des bombardements, notre personnel sur place pense que ce sont les Russes.

Les Russes et le gouvernement de Damas accuse les Américains.

Depuis l’entrée de la Russie dans la guerre on n’a pas rapporté de bombardement américain dans cette zone. Le personnel médical sur place commence à avoir une expertise, on peut les croire.

C’était délibéré ou un accident ?

La multiplication des bombardements sur les structures et les écoles questionnent fortement.

C’est un des dommages collatéral de la guerre en Syrie, les structures médicales sont visées. 94 bombardements sur 62 structures de santé en Syrie l’année dernière.

62 supportées par MSF, sinon il y en a plus. Donc c’est plus qu’un dommage collatéral.

Pourquoi ces bombardements ?

Pour semer la terreur, pour éviter que les combattants soient pris en charge, pour qu’ils quittent la zone.

Le personnel médical quitte de plus en plus le pays.

Aujourd’hui les patients ont peur : « non je ne veux pas aller à l’hôpital ».

Ça rappelle le Carpet bombing des Russe à Grozny ?

C’est ce qui a l’air de se dessiner dans la région.

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Quelle est la nationalité des membres du personnel de MSF sur place ?

Ce ne sont plus que des Syriens aujourd’hui. Tous des personnels volontaires. Nous, depuis le début 2014, on n’a plus d’expatriés. Une équipe MSF avait été enlevée par l’Etat islamique. Mais on continue à fournir des médicaments, des salaires.

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Ils ne veulent pas y aller ?

Nous non plus. Nos équipes sont en Turquie à Gazientep notamment. On travaille aussi avec des équipes syriennes en Turquie.

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Est-ce que vous faites uniquement du médical ?

On ne fait pas que du médical, on prend aussi en charge des populations déplacées, avec des arrivées très importantes ces derniers jours. On distribue des couvertures, des tentes.

De quoi vous avez le plus besoin ?

Que les bombardements sur les hôpitaux, les civils, s’arrêtent.

Vous avez le sentiment d’être entendue ?

La France a condamné les bombardements et on est toujours très bien reçu. Mais leur influence réelle, font-ils vraiment partie du jeu ?

Pas vraiment.

Daech a utilisé du gaz moutarde êtes-vous prêts en cas d’attaque ?

On est prêts. En 2015, il y avait eu une attaque au clore, on avait reçu les patients. On a du matériel de protection et de décontamination.

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