Confronté à une nouvelle plainte, le cardinal Philippe Barbarin a nié hier "avec force" avoir couvert "le moindre acte de pédophilie" dans son diocèse de Lyon. L'évêque de Pontoise est responsable de la cellule de veille de l'Eglise contre la pédophilie : Mgr Stanislas Lalanne est l'invité de Léa Salamé

►►►Stanislas Lalanne répond aux questions de Léa Salamé :

Je me suis peut-être trompé, a concédé hier le Cardinal Barbarin. A-t-il été négligent, a-t-il commis une faute ?

C’est à la justice de la dire. De fait, il a reconnu qu’il avait pu se tromper lorsqu’il a cru ce prêtre.

[…]

Pourquoi il ne s’excuse pas ?

Il ne faut pas faire un procès par médias interposés. On fait confiance à la Justice pour que justice soit faite. […]

Les actes de pédophilie sont extrêmement graves. […]

J’ai envie de dire il n’y a pas de prescription morale, il n’y a pas de prescription de la souffrance.

Depuis 15 ans, depuis l’an 2000, il y a eu la mise en examen de l’évêque de Bayeux, j’étais porte-parole des évêques de France. Dans toutes les institutions, toute la société, on n’avait pas pris conscience des effets terribles pour les victimes. L’an 2000 a été pour nous un tournant. Depuis 15 ans, on n’est pas silencieux sur ces questions

On a encore du travail à faire, du côté des victimes, d’éducation et de prévention.

[…]

Est-ce qu’il y a une vigilance qui s’endort à l’Eglise ?

Je ne crois pas. Ce n’est pas facile de repérer les personnes pédophiles . […] Dès qu’il y a un seul cas, c’est terrible.

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Si vous étiez à la place du Cardinal Barbarin, vous l’auriez maintenu à son poste ou vous l’auriez écarté du contact des enfants ?

J’ai eu ce type de situation similaire . Chaque cas est différent. Mgr Barbarin n’était pas évêque de Lyon lorsque les faits ont été commis.

Barbarin me l’avait dit, lorsqu’il a appris les faits, par deux fois, il a été extrêmement ferme, d’abord on demande aux victimes de porter plainte, deuxièmement on demande au prêtre d’aller se déclarer devant la police, s’il ne le fait pas, on a le devoir de la faire nous-même.

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« La souffrance ne se prescrit pas » dites-vous. Tous ces mots pour dire « c’était une autre époque », c’est peut-être les mots les plus difficiles pour les catholiques.

N’empêche, c’est vraiment le cas. […] Ce n’est pas facile de dire qu’on a été victime d’attouchements, de viols. Nous devons être attentifs à la parole des victimes.

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Est-ce qu’il faut étendre le numéro vert à tous les diocèses au niveau national ?

Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne solution. Je pense qu’il faut que les cellules soient plus proches des diocèses.

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