Il a succédé hier à l'emblématique Michel Lucas à la tête du Crédit Mutuel. Une banque qui affiche des chiffres record avec un bénéfice net de plus de trois milliards d'euros en hausse de 2,2%. Le nouveau président du Crédit Mutuel est l'invité de Léa Salamé.

Vous succédez à Michel Lucas, le « bâtisseur du Crédit Mutuel », surnommé au choix « L’Ogre » ou « Dracula ». Y a-t-il un peu de pression ?C'est un sacré challenge.

Dans une interview publiée ce matin, vous dites « banquier qui s'enrichit en dormant c’est terminé ». C’est-à-dire ? Avant les banquiers pouvaient emprunter à trois jours et prêter à trente ans. Aujourd’hui les taux sont très faibles. Nous sommes une entreprise de services.

« Une banque qui appartient à ses clients ça change tout », c’est votre devise au Crédit Mutuel. Qu'est ce qui est différent? Les profits d'aujourd'hui font les emplois de demain. Hier j’ai été élu par 2300 caisses de crédit mutuel. Je dépends de la confiance de ces sociétaires.

Problème il y a une guerre interne entre les Bretons et les Alsaciens ? Je suis convaincu qu'en Bretagne, il y a des caisses du Crédit Mutuel qui partagent notre culture. Je n'ai qu'un souhait, qu'on travaille ensemble.

La valeur c'est aussi de dire que le maillage territorial est important. On est contrôlés par 25 000 bénévoles. La technologie on peut la décentraliser au niveau local.

Coup de théâtre, Henri de Castries démissionne deux ans avant la fin de son mandat. Comment analysez-vous ce geste ?C'est un très grand patron. Il a réussi une internationalisation extraordinaire.

Il n'y a rien de choquant qu'un Allemand soit désormais à la tête d'Axa ? Nous attirons des talents. C'est un très bon signe de santé.

Une étude récente affirme que la France est un des pays étrangers où les investisseurs investissent le plus. On a une formation et des infrastructures de qualité.

La loi el Khomri va-t-elle dans le bon sens? La clef de tout c'est l'investissement et la croissance. Il y a une chose qui me paraît bien : parier sur le dialogue social.

Emmanuel Macron est-il le vrai héritier de DSK ? Ils ont en commun un grand dynamisme.

En juillet dernier, Vincent Bolloré a demandé la déprogrammation d'un documentaire qui accuse votre banque d'aider ses clients dans leur évasion fiscale. C'est de la censure ? Le Crédit Mutuel n'a jamais contribué à l'évasion fiscale.

Alors quand Oxfam vous accuse de réaliser l'essentiel de vos bénéfices internationaux dans des paradis fiscaux, il se trompe ?La Belgique et le Luxembourg sont ce que j'appelle des «carabistouilles » .

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