Comment lutter contre les phénomènes de radicalisation en Europe aujourd'hui ? Elio Di Rupo, ancien Premier ministre belge et Sarah Turine, échevine de Molenbeek responsable de la Jeunesse, de la Cohésion sociale et du dialogue interculturel sont nos invités.

Au lendemain des attentats, c'est la tristesse ou la colère qui domine ?

A chaque fois qu'il y a une seule victime c'est l'humanité toute entière qui est touchée.

Vous aviez les informations que la menace était plus grande depuis l'arrestation de Salah Abdeslam ?

Le niveau 3 d'alerte était maintenu, sans doute que l'Etat avait des informations.

Cette mauvaise réputation autour de votre municipalité, Molenbeek ça vous gêne ?

Molenbeek, c'est 100 000 habitants qui doivent se battre au quotidien.

Il y a des foyers de radicalisme dans notre commune, il faut le reconnaître.__

Est-ce que vous les combattez de façon suffisante ?

Il y a deux enjeux : des filières criminelles profitent de l'anonymat possible pour y installer des caches, et il faut renforcer le travail de prévention. InterClass, que vous faites, est le genre d'initiative qui permet de lutter contre la radicalisation.

Pourquoi le contingent de personnes radicalisées est si grand à Molenbeek ?

Il y a la question socio-économique et la question identitaire. Dans ce recrutement le discours des recruteurs fait mouche.

Elio Di Rupio, est-ce que vous avez été au courant du renforcement de la menace ?

Il est injuste que Molenbeek soit stigmatisé comme le centre mondial du terrorisme quand on voit ce qui se passe à Bamako par exemple.

Le niveau de la menace restait très élevé. Il y avait ce risque mais on espérait passer à travers la situation. On ne touche pas uniquement la Belgique mais le cœur de la société libre.

La Belgique n'était jamais prête à connaître ce que nous avions connu.__

J'entends vos critiques sur la stigmatisation de la Belgique mais, vous qui avez été au pouvoir, n'y a-t-il pas eu une légèreté de la Belgique face à de la montée du communautaire ?

Il y a une dimension religieuse avec toutes ces conséquences. Ce n'est pas propre à la Belgique.

Nous devons résoudre le conflit sur place en Syrie ou à l'ONU.

On doit garder notre mode de vie mais nous ne pouvons être naïfs.

Sarah Turine la clef du problème n'est-elle pas non plus le soutien des familles entre elles, qui se connaissent toutes ?

La radicalisation a fonctionné par cercles concentriques . On doit travailler avec les familles.

L'ancien Premier ministre belge Elio Di Rupo
L'ancien Premier ministre belge Elio Di Rupo © Reuters
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