Les principaux syndicats ont décidé de se réunir en intersyndicale hier pour protester contre la réforme du droit du travail portée par Myriam El Khomri. Le président de l'UNEF William Martinet est l'invité d'Alexandra Bensaid.

William Martinet répond aux questions d'Alexandra Bensaid :

Manuel Valls défend une réforme du code du travail du XXIè siècle, est-ce qu’à l’UNEF vous êtes resté bloqué au XXè siècle ?

Je trouve extraordinaire que ce Premier ministre qui n’a que le mot de modernité à la bouche nous propose une réforme du code du travail qui ressemble trait pour trait à ce que faisait Dominique de Villepin il y a 10 ans.

Un Gouvernement de la priorité jeunesse devrait réfléchir aux perspectives qu’ils donnent à une génération.

On aimerait être respecté sur le marché du travail.

William Martinet (UNEF) : "La modernité ce n'est pas toujours plus de précarité" :

La précarité ce n’est pas maintenant pour les jeunes qui veulent intégrer le marché du travail ?

Jusqu’à présent on a expliqué aux jeunes qu’il faut accepter la précarité pendant les études, pendant notre insertion professionnelle , on enchaîne les CDD, les stages […] et là on nous explique que la précarité c’est pour tout le reste de notre vie.

William Martinet (UNEF) : "On nous explique que la précarité, c'est pour tout le reste de notre vie"

Ces règles du code du travail, on les a depuis 40 ans et les jeunes connaissent un chômage de masse. Est-ce que ce n’est pas le moment de changer de philosophie ? Est-ce que c’est tabou ?

Au contraire, depuis des décennies, on nous explique que le code du travail n’est pas responsable du chômage. On a envie de rappeler que le code du travail est protecteur dans l’entreprise.

Il n’a pas empêché la précarité ?

[…] Le CDD, le CDI c’est au bon vouloir de l’employeur, les jeunes sont sous pression dans l’entreprise.

En Italie, en Espagne, en Allemagne hier, ils ont libéralisé, le chômage a baissé ?

Est-ce que affaiblir le code du travail permet de réduire le chômage ? En Espagne, plus de la moitié d’une génération est au chômage. […] Dire que faire reculer les droits dans le code du travail va mécaniquement faire reculer le chômage, ce n’est pas une vérité.

William Martinet (UNEF) : "Le code du travail protège les jeunes qui sont sous pression dans l'entreprise"

Intersyndicale hier soir comme on n’en avait pas vu depuis 2013. Qu’en est-il sorti ? Un texte a minima dit Force Ouvrière .

C’est la première fois depuis trois ans que l’ensemble des forces syndicales sont réunies autour de la table , c’est une première étape. La quasi-totalité des syndicats exprime son désaccord, notamment sur le plafonnement des indemnités prud’homales . Comme il se fait en fonction de l’ancienneté, il va concerner principalement les jeunes dans l’entr

eprise.

Le Gouvernement a ouvert la porte à des amendements. Pour l’UNEF c’est le retrait ou rien ?

Nous, le problème, depuis le début du quinquennat, c’est qu’à l’UNEF on aimerait bien parler de l’accès au CDI, de reconnaissance de qualification des jeunes.

Tous les jeunes rêvent d’un CDI ?

Le CDI c’est important.

Ils savent qu’ils vont changer plusieurs fois de métiers. Il faut se battre pour le CDI ?

Le message envoyé en 2006 c’est de demander à être respecté dans l’entreprise. Le CDI, oui, est une protection. Les prud’hommes protègent des licenciements abusifs.

Le problème ce n’est pas d’avoir des indemnités prud’homales c’est d’avoir un emploi ?

Ce n’est pas en faisant reculer le droit d

es jeunes qu’on va améliorer l’emploi.

Ce chantage entre accepter le recul de nos droits pour enrayer le chômage, on le refuse. On a le droit à un emploi de qualité, stable, pour construire notre vie.

Les manifestations anti CPE c’était 1 million de personnes dans la rue, vous les faites descendre quand les jeunes dans la rue ?

Il y a une réunion intersyndicale qui est la semaine prochaine. On va pousser à l’UNEF pour une manifestation au mois de mars , on espère qu’on aura un maximum d’organisations professionnelles pour nous rejoindre.

Quand ?

Le 9 mars on aura des initiatives du côté jeunes et étudiants, la manifestation sera plutôt fin mars.

William Martinet (UNEF) : "On va pousser pour une mobilisation au mois de mars"

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