Quelles mesures un élu local peut-il mettre en place pour lutter contre le radicalisme ? Comment repérer dès le plus jeune âge des cas de jeunes susceptibles de glisser vers la radicalisation ? Le député Maire PS de Sarcelles est l'invité de Léa Salamé.

Vous êtes maire de Sarcelles depuis 19 ans, avez-vous vu les choses changer depuis cinq ans, depuis le début de la guerre en Syrie ?

On voit que des choses en souterrain se passent : des réseaux essaient de créer des mosquées salafistes.

Des cas de jeunes qui se radicalisent, on vous en signale régulièrement ?

Tous les deux mois, on me signale des cas de radicalisation.

Le dernier cas en date est une jeune fille bien connue qui, du jour au lendemain, met le voile, commence à ne plus serrer la main des garçons.

Dans ce cas, que fait le maire ?

Le maire appelle les services de renseignements qui doivent faire ensuite les recherches qui sont les leurs.

Leur parlez-vous, à ces jeunes ?

Le maire est complètement démuni par rapport à tout cela . J’ai créé une structure à Sarcelles, pas pour lutter contre les jeunes déjà radicalisés.

On a fait une grande formation des acteurs publics sur le terrain et ion va mettre en place une équipe pluridisciplinaire.

On me dit : "Monsieur le Maire on vient chercher nos enfants dans nos allées".

À 20 km de Sarcelles il y a Sevran, où des familles accusent le maire d’immobilisme face à la montée du radicalisme. Vous comprenez ces accusations ?

Le maire n’a aucune compétence pour traiter ce genre de sujet. La vraie question est, qui est compétent pour traiter ce genre de problème ? Le maire n’a pas le pouvoir de fermer une mosquée qui se radicalise. Il y a urgence de créer un mode d’emploi pour savoir qui fait quoi.

Le maire, que fait-il ?

Il appelle le préfet, le service de renseignement. On court après. Il n’y a pas aujourd’hui de procédure, de moyens communs.

Je demande la mise en place de task force dans ces quartiers.

Quand on vous écoute, on a l’impression que les moyens du maire, la République est trop faible face à ça ?

On est victime de notre démocratie. Sur la ville de Sarcelles, se sont ouvertes deux écoles coraniques dont on me dit que des réseaux salafistes sont derrière. On ne peut pas fermer ces écoles car en France on peut ouvrir des écoles sans contrat avec l’État. Est-ce qu’on doit maintenir le droit en France d’ouvrir une école sans regarder qui l’ouvre ?

Est-ce que la Gauche a fermé les yeux sur la montée du communautarisme ?

On a engendré un monstre. Daech a compris que dans ce quartier, il y avait un monstre .

Avez-vous compris pourquoi ils basculent ?

Ces jeunes ont une caractéristique commune : il y a la haine, ils transpirent la haine des institutions, de la France.

Pourquoi basculent-ils ? C’est une énigme pour moi.

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