Le documentaire choc « Salafistes » doit sortir ce mercredi en salles. Le film qui fait polémique montre une réalité de l’islamisme radical. Le réalisateur François Margolin et le journaliste mauritanien Lemine Ould Salem sont les invités de Léa Salamé.

Vous film « Salafistes sortira-t-il demain ? Avec ou sans une interdiction aux moins de 18 ans ?

Un certain nombre de salles ont programmé le film dès demain, il y en a moins que prévu grâce à cet exercice d’intimidation du CNC. Est-ce que vous avez reçu le visa d’exploitation ?

Non.

Fleur Pellerin peut changer la décision, [la recommandation du CNC]. La commission a préconisé l’interdiction aux moins de 18 ans assortie d’un avertissement. C’est rare voire inédit pour un documentaire.

On nous accuse d’apologie du terrorisme. Je suis plus que scandalisé qu’on m’accuse de ça. On a risqué notre vie pour y aller.

Il y a deux parties dans votre film : la partie Daech et la partie AQMI, vous avez pu filmer au cœur d’AQMI au Mali, en Mauritanie. Vous avez obtenu des témoignages inédits.Dans quelles conditions ils vous ont autorisé à filmé ?

En 2012 je suis allé dans le Nord du Mali pour faire un sujet sur les Touaregs, j’ai compris que les islamistes étaient les vrais maîtres du pays. J’ai pu venir du fait que j’étais musulman.

Ont-ils posé des conditions ?

On m’a demandé d’introduire une demande d’accréditation. De ne pas filmer des djihadsites à visage découvert sans leur autorisation, je ne pouvais pas filmer sans un accompagnateur.

Vous filmez un voleur à qui on vient de couper la main qui dit merci de m’avoir remis dans le droit chemin. Est-ce que vous n’avez pas eu peur d’être manipulé ?

Ils avaient envie de montrer certaines choses au monde entier, ils savaient que je venais de France, je suis parti avec l’idée d’éviter la manipulation, d’où le fait que mes questions étaient réfléchies à l’avance.

Notre souci pendant le montage était aussi d’éviter la manipulation.

Vous savez que la guerre contre Daech est une guerre de communication, en montrant les décapitations, sans commentaire, le parti pris radical, vous n’avez pas peur de relayer la communication de Daech ou d’Aqmi ?

Non pas plus que si on montrait les camps de concentration nazie . Il y aura toujours des gens que ça fascine.

Tout ce qu’on a fait c’est couper des extraits au moment où ça devenait insupportable .

On ne peut pas parler d’Aqmi ou Daech sans montrer ces vidéos.

Ce sont ces vidéos qui séduisent les jeunes !

Ces vidéos circulent de partout.

Le travail du ministère de l’intérieur c’est précisément de supprimer ces vidéos.

Nous avons fait un tri. Nous avions 70 vidéos, nous en avons choisi certaines , nous avons aussi tenu à montrer un contre-discours, des musulmans normaux.

Vous filmez des types qui sont structurés intellectuellement : le salafisme m’a permis de ne pas être esclave de mes passions. Balancer sans voix off ces images à un gamin de 17 ans. Est-ce que ce n’est pas dangereux ?

Les gens sont suffisamment intelligents.

J’espère qu’on reviendra sur une décision raisonnable.

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