Jean-Philippe Rémy, Grand reporter au Monde revient de deux mois passés clandestinement en Syrie. Il affirme au micro de Pascale Clark que le régime de Damas fait usage de gaz toxiques au centre de la capitale syrienne.

Jean-Philippe Rémy affirme avoir constaté les effets de l'usage de gaz toxiques par les forcesgouvernementales dans le faubourg de Jobar, "à moins de 500 mètres de la place des Abbasides", non loin du centre de la capitale syrienne.

Il dit avoir aussi recueilli les témoignages de médecins dans la Ghouta, une zone tenue par les rebelles dans la périphérie Est de Damas, faisant état d'un usage régulier d'armes chimiques par les forces de Bachar al Assad. Ces médecins soupçonnent notamment l'utilisation de gaz sarin. Extraits reportage :

De cela, les envoyés spéciaux du Monde ont été témoinsplusieurs jours d'affilée dans (le) quartier (de Jobar) à la sortie de Damas où la rébellion a pénétré en janvier. Mais, au cours d'un reportage de deux mois dans les environs de la capitale syrienne, nous avons réuni des éléments comparables dans une couronne beaucoup plus large. La gravité des cas, leur multiplication, la tactique d'emploi de telles armes montrent qu'il ne s'agit pas de simples gaz lacrymogènes utilisés sur les fronts, mais de produits d'une autre classe, bien plus toxiques.

Syrie, infographie
Syrie, infographie © Radio France

Le Monde rapporte notamment que, à la suite d'une "attaque chimique sur une zone du front de Jobar, le 13 avril", son photographe "souffrira, quatre jours durant, de troubles visuels et respiratoires".

Les Nations unies ont déclaré mercredi recevoir des "informations croissantes" sur l'usage d'armes chimiques en Syrie.

L'Onu a formé une commission d'experts pour enquêter sur le sujet mais celle-ci attend toujours d'être autorisée à se rendre sur place.

Le régime syrien et les rebelles qui cherchent à le renverser s'accusent réciproquement d'utiliser de telles armes. Barack Obama a fait de l'usage d'armes chimiques une "ligne rouge" à ne pas franchir par le régime syrien, sous peine d'une réaction des Etats-Unis. Le président américain juge cependant qu'il ne dispose pas de preuve irréfutable pour le moment à ce sujet.

L'UE divisée

Le témoignage de Jean-Philippe Rémy sera certainement évoqué à Bruxelles où les ministres des affaires étrangères des 27 se réunissent aujourd'hui pour parler de la Syrie. A l'ordre du jour, l'éventuelle levée de l'embargo sur les armes à destination de l'opposition.

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