Il participe à la grande conférence franco-allemande du numérique qui réunit Angela Merkel et François Hollande, avec pour objectif de faire éclore des start-up du numérique. Stéphane Richard, le PDG d'Orange , était l'invité de Léa Salamé. Il a évoqué le dossierAir France et son intention d’emmener Orange sur des projets de banque digitale.

Léa Salamé : pourquoi est-on si nul dans le numérique ?

Stéphane Richard : "Vous êtes dure ! Nous avons beaucoup d’atouts, et notamment 510 millions de consommateurs avec un pouvoir d’achat élevé. La vraie question est : que fait-on avec l’Europe ?"

Stéphane Richard a signé mardi avec Maurice Lévy, PDG de Publicis et Gerhard Cromme, président de Siemens, un accord portant sur le lancement d'un nouveau fonds d'investissement destiné au numérique doté de 500 millions d'euros.

On parle beaucoup de Blablacar et de Spotify mais on ne parle que de l’ubérisation de l’économie. Donnez-moi un nom qui vaut Google ?

"Cent mille start-ups se créent en France chaque année. On a des talents. Il faut tirer parti de l’espace européen. C’est vrai qu’il y a plus de fonds capital-risque aux États-Unis. C’est pour cela que nous avons annoncé la création d’un fond d’investissement franco-allemand hier. Le vrai problème c’est la fragmentation de l’Europe. Nous avons 28 pays et nous n’en tirons pas parti… L’idée c’est d’effacer les frontières à l’heure du numérique. À terme, il faudrait aller vers une seule attribution du spectre."

Vous rêvez d’un grand opérateur ?

"Un seul, sans doute pas. Actuellement, il y en a cent en Europe. La voie de la fragmentation l’affaiblit."

Le Parlement imposera en 2017 de mettre fin aux frais de roaming (les frais supplémentaires facturés aux utilisateurs de téléphones mobiles lorsqu’ils téléphonent depuis l’étranger, dont le Parlement européen a définitivement voté la fin en Europe dès juin 2017 mardi dernier ). Jusqu’à présent seul Free ne facturait pas.

"Je reconnais que les opérateurs télécoms n’ont pas été bons sur ce coup. On aurait dû s’attaquer au problème avant. Quand on baisse les frais de roaming, on voit que les gens consomment plus. On a eu trop en tête des revenus à court terme. Maintenant on joue le jeu à fond."

Orange est toujours un opérateur télécom, mais cela ne vous suffit pas. Vous voulez devenir une banque ?

"Le paiement est une brique. Aujourd’hui on fait tout avec son smartphone. Nous voulons lancer une banque digitale, mobile. Nous voulons le faire car on s’intéresse à l’usage, à partir du smartphone."

Allez-vous le faire seul ?

"Non, avec un partenaire. Nous somme encore en négociations. Nous pensons pouvoir apporter quelque chose d’utile aux gens."

Les salariés d’Air France sont convoqués depuis hier. Est-ce qu’ils méritent d’être virés ?

"Je ne veux pas être un donneur de leçons. N’importe quelle violence n’est pas acceptable. Ce qui compte est de renouer les fils. À Orange, quand on a eu l’épouvantable crise des suicides on a reconnu certains suicides comme accident du travail."

Licencier, n’est-ce pas un mauvais signe ?

" Peut-être que ce n’est pas la meilleure manière de montrer qu’on veut renouer les fils mais je ne connais pas tout le contexte. Mais vraiment il faut apaiser le dialogue social."

Gilles Pélisson devrait être nommé à la tête de TF1 , ça vous fait rêver?

"…Non."

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