François Hollande a abandonné la réforme Constitutionnelle. Faute d'accord entre l'Assemblée et le Sénat sur la déchéance de nationalité, le président ne peut réunir le Congrès. Le garde des sceaux Jean-Jaques Urvoas, est l'invité de Léa Salamé.

L'abandon de la révision constitutionnelle, amateurisme, fiasco ?

Respect de la Constitution. 1958 le texte a été bien écrit. Dans l'article 89 il prévoit que c'est le Parlement qui réforme la Constitution. Quand le Président de la République constate que le Parlement n'arrive pas à se mettre d'accord, il a raison d'arrêter.

Trois mois de débat pour ça ce n'était pas un peu lon g ?

Trois mois pour démontrer une détermination face au péril.

Ce débat vient du fait que la France a été face à son avenir. Il fallait rassembler le pays. C'est ce que l'Assemblée Nationale avait réussi puisqu'il y avait un texte voté au 3/5ème, on l'a oublié, ce texte avait été adopté au-delà des divisions droite gauche.

Mais à quel prix ! Jean-Christophe Cambadélis qui présente ses excuses aux Français ! Est-ce que ce n'est pas facile de rejeter de rejeter vos propres turpitudes sur la droite !

Le constat c'est qu'il n'y a pas la droite et la gauche dans cette affaire mais l'Assemblée Nationale et le Sénat. Il fallait dépasser les postures. L'assemblée nationale l'avait fait, le Sénat l'a rejeté.

Nous sommes passés à côté d'un attentat. On reproche toujours aux services de police d'être inefficaces. Saluons-les !

Ma responsabilité c'est faire en sorte que les juges, le Procureur de Paris puisse travailler or pour le moment la Justice est sinistrée.

Mon travail c'est de faire en sorte, pour les treize mois qui viennent que la Justice soit efficace.

Christiane Taubira s'est félicitée hier de la fermeture d'une douloureuse parenthèse. Elle a eu raison de claquer la porte quand on voit le dénouement ?

Je ne suis pas un commentateur.

J'espère que tout le monde va se ressembler sur ce texte [projet de loi anti-terroriste]. Ce texte a été hier à l'Assemblée a fait 474 voix, j'espère que nous aurons le même rassemblement au Sénat.

François Hollande a décidé de clore le chapitre de la révision constitutionnelle est-ce que la réforme du Conseil supérieur de la magistrature part avec l'eau du bain ?

Nous parlons de l'indépendance de la justice. Comme Garde-des-Sceaux je suis en droit de nommer qui je veux au CSM. Je ne le fais pas. Cette possibilité doit cesser.

Mardi prochain, je défendrai à l'Assemblée nationale un texte qui a déjà été voté au Sénat.

Mardi j'appellerai les Républicains à rompre le lien entre la politique et la Justice . Je pense que je vais réussir. Monsieur Juppé, à la page 229, je lis « il faut rompre le lien entre les magistrats et la politique ».

Donc vous dites que si le même texte est voté, à l'Assemblée nationale et au Sénat, vous pourriez réunir les deux chambres en Congrès à Versailles pour inscrire cette modification dans la Constitution ?

Dans le cas d'une majorité des 3/5ème je plaiderai pour un rassemblement en Congrès à Versailles .

Le projet de réforme de procédure, NKM défend l'idée d'une perpétuité réelle. Est-ce que c'est une bonne idée ?

Guillaume Larrivée a proposé qu'on passe d'une période de sûreté de 22 ans à 30 ans. Je l'ai soutenu.

Nous durcissons, nous interdisons les aménagements de peine.

Madame Kosciusko-Morizet aurait mieux fait de participer aux débats plutôt que de parler de choses qu'elle ne maîtrise pas.

Est-ce que Patrick Kanner a raison de dire qu'il y a des centaines de Molenbeek en France ?

Je n'en sais rien. Je suis dans mon couloir de nage. S'il l'a dit c'est qu'il a raison de le dire.

La réforme de la justice des mineurs est abandonnée ?

Je n'abandonne rien.

J'ai treize mois avec un seul texte qui m'intéresse : la loi de finance. Je ne veux pas voter des réformes qui ne peuvent pas être appliquée.

J'ai une juridiction qui est sinistrée.

Combien vous voulez ?

Beaucoup beaucoup. Il faut me donner de l'argent avant la fin de l'année car j'ai des dettes.

Je ne veux pas donner de chiffres car ma prétention est extrême.

La Justice n'est pas solvable.

Jean-Jacques Urvoas
Jean-Jacques Urvoas © MaxPPP/IP3 press/Vincent Isore
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