François Cheng
François Cheng © Radio France
Frédéric Mitterrand reçoit l'académicien François Cheng pour son nouveau roman «Cinq méditations sur la mort - autrement dit sur la vie» aux éditions Albin Michel. Ce livre est né d’un cheminement intérieur commencé avec le « drame à trois voix avec chœur » Quand reviennent les âmes errantes où déjà s’esquissait, sur fond de légende chinoise, la vision d’un royaume dans lequel la mort n’est pas une fin définitive. Il a aussi un lien, par son style et sa structure, avec les Cinq méditations sur la beauté, mais cette fois ce n’est pas le couple Beauté/ Mal qui est exploré, mais celui de la mort et de la vie : pour François Cheng, il s’agit de donner à voir un « double royaume de la vie et de la mort », dans lequel la première, élevée à sa plus haute dimension, dépasse et englobe la seconde. François Cheng, de l’Académie française, est à la fois poète (Entre source et nuage, 1990 ; Le Livre du vide médian, 2004), romancier (Le Dit de Tianyi, Prix Femina 1998, L’Eternité n’est pas de trop, 2002, Quand reviennent les âmes errantes, 2012) et essayiste (Cinq méditations sur la beauté, 2006, L’un vers l’autre, 2008). **Avant-propos de l'éditeur** «Pour dire l'essentiel de ce qu'il avait à transmettre sur la beauté - un thème qui, à ses yeux, engageait rien de moins que le salut du monde, comme l'avait jadis affirmé Dostoïevski - François Cheng a éprouvé le besoin de faire un détour par l'oralité, par la rencontre d'êtres de chair et de sang. Ses Cinq méditations sur la beauté furent ainsi partagées avec un groupe d'amis au cours de cinq soirées mémorables, avant de l'être par l'écriture avec un large public. Sept années plus tard, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, le poète ressentit une impérieuse nécessité de parler de la mort. De la mort, autrement dit de la vie, puisque son propos, à la croisée des pensées chinoise et occidentale, est inspiré par une vision ardente de la «vie ouverte». Mais si la beauté avait été pour lui un thème trop vital, trop urgent pour faire l'objet d'un traité académique, que dire alors de la mort ! C'est pourquoi le même processus de circulation entre l'échange oral et l'écriture s'est imposé ici comme une évidence. Les présentes méditations sont donc, elles aussi, nées du partage, marquées du sceau de l'échange entre le poète et ses interlocuteurs. Leur lecteur deviendra lui-même partie prenante de cet échange, il pourra se compter au nombre des «chers amis» auxquels s'adresse l'auteur. Il entendra celui-ci, au soir de sa vie, s'exprimer en vérité sur un sujet que beaucoup préfèrent éviter. Le voici, se livrant comme il ne l'avait peut-être jamais fait, et délivrant une parole à la fois humble et hardie. Il n'a pas la prétention de produire un quelconque «message» sur l'après-vie, ni d'élaborer un discours dogmatique, mais il témoigne d'une vision. Une vision en mouvement ascendant qui renverse notre perception de l'existence humaine, et nous invite à envisager la vie à la lumière de notre propre mort - car la conscience de la mort, selon lui, redonne tout son sens à notre destin, lequel fait partie intégrante d'une grande aventure en devenir. Nous sommes donc ici, comme dans les Méditations sur la beauté, dans une pensée en spirale qui n'hésite pas à revenir plusieurs fois sur certains thèmes, sur certains mots, pour les réinterroger plus profondément. Cependant, cette pensée elle-même a conscience des limites du langage, car il arrive toujours un moment où la mort nous laisse sans voix. S'impose alors le silence... ou alors le poème, qui est parole transfigurée. C'est pourquoi la cinquième de ces méditations emprunte la voie poétique, pour que le chant, au-delà de la mort, ait le dernier mot. Jean Mouttapa
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