Après un début d’année oscillant entre l’augmentation de l’attractivité industrielle française et l’échec de plusieurs grands groupes, l’avenir du secteur secondaire s’est-il réellement adouci ? Situation de l’industrie française vue par Louis Gallois, auteur du rapport sur la compétitivité.

Industrie : La France a-t-elle les moyens se relever ?
Industrie : La France a-t-elle les moyens se relever ? © AFP / ERIC PIERMONT

Un Bilan Mitigé

En novembre 2012, Louis Gallois est Co-président de La Fabrique de l'Industrie. Il remet au Premier ministre son Pacte pour la compétitivité de l’industrie française. En 2019, la reprise de Whirlpool est un échec, celle d’Ascoval s’éternise, Arjowiggins a licencié 743 salariés et General Electric, un bon millier.

Dans le même temps, la production manufacturière s’est redressée, les créations nettes d’emplois et d’entreprises sont en hausse et la compétitivité française en zone euro s’est stabilisé à 14,3%. Une réussite par rapport au fort recul qu’elle avait subi sur la période 2016 / 2017. Pyrex et Radiall ont investi au total 19 millions d’euros entre 2017 et 2019 dans le secteur industriel. 

Cela confirme la forte attractivité de la France qui s’est imposée devant l’Allemagne comme deuxième destination européenne pour les investissements dans l’industrie (juste derrière le Royaume-Uni).

Est-ce que l’industrie va mal ?

"L’industrie française ne peut pas se résumer à ces drames", explique Louis Gallois. Selon l’ancien PDG d’Airbus (branche civile), ces problèmes existent cependant ils ne sont pas révélateurs de la situation de l’industrie.

La saturation des médias sur ces grands problèmes industriels donnent de l’industrie une image totalement défaitiste. Et cela cache une réalité qui est que l’industrie va mieux.

Il explique que "les chiffres s’améliorent" et que "l’investissement industriel est reparti". Qui plus est, "il y a plus de sites qui se créent que de sites qui se ferment".

Pour lui, non seulement la ré-industrialisation de la France est "sans doute possible" mais elle est aussi nécessaire. Il explique que la France n'a pas un appareil industriel à la hauteur de ses besoins : 

Je crois que l’appareil industriel français est désormais trop petit par rapport à la demande qui s'adresse à lui s'il y a une reprise. Quand il y a une reprise, on constate que les importations augmentent très fortement : c'est pas un problème de compétitivité, on peut toujours l'améliorer, c’est un problème de taille, l’industrie française ne peut plus fournir la demande qu’elle soit interne ou externe. C’est pour ça qu’il est essentiel qu’on réindustrialise le pays.

Les politiques s’en mêlent-ils trop ?

Cela s’observe avec l’usine Whirlpool pendant la campagne présidentielle et même après, lorsque l’État injecte 2,5 millions d’euros pour que le groupe reprenne ses activités : les politiques sont très présents dans le secteur secondaire, mais sont-ils trop présents ?

Pour Louis Gallois "les politiques n’ont pas le choix". Il explique qu’il s’agit de répondre aux besoins des Français : "Il est normal qu’ils s’en occupent". Louis Gallois considère surtout que l’inaction des politiques serait bien plus risquée :

Quand une industrie disparaît, le territoire en souffre profondément.

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