Le 15 avril 2019, Notre-Dame de Paris brûle. 24 heures suivent et les promesses de don pour la reconstruction sont déjà estimées à 700 millions d’euros. Les polémiques s’enchaînent. Trois mois plus tard, Mathieu Lours, historien spécialisé dans l’architecture religieuse, revient sur ce sombre événement.

Notre-Dame : star du patrimoine
Notre-Dame : star du patrimoine © Getty / Ed Spratt / EyeEm

18h50 : de la fumée s’échappe du toit de la cathédrale. En l’espace d’un instant, les flammes s’emparent du monument, la charpente est perdue. Une heure plus tard, la flèche s’écroule sous le regard des Parisiens, des Français, des catholiques et du monde entier. Grâce à la mobilisation de près de 400 pompiers et 18 lances à incendie pendant plus de 8 heures, le feu sera finalement maîtrisé, puis éteint. 

Si les deux tours sont sauvées, la France n’en est pas moins endeuillée. L’étendue des dégâts est considérable : une charpente de 8 siècles d’âge et la flèche de Viollet-le-Duc viennent de partir en fumée. Moins de 24 heures, ce sont déjà 700 millions d’euros de dons qui sont promis pour la reconstruction de l’édifice. C’est là que la polémique commence.

Patrimoine, tradition et polémique

Le groupe Total promet 100 millions d’euros. La famille Pinault offre la même somme. Puis les Bettencourt-Meyers surenchérissent à 200 millions d’euros, suivis par la famille Arnault. Polémique. Matthieu Lours explique : 

On est tout à fait dans la tradition du patrimoine. Ça a été critiqué comme toujours. Déjà au XIIème siècle, Bernard de Clairvaux trouvait que c’était indécent de mettre du luxe dans les églises. Donc on est dans cette tradition. Faut-il aider les pauvres ? Faut-il au contraire bâtir du patrimoine ? En fait, l’histoire nous montre qu’il y a une articulation entre les deux et qu’ils sont indissociables.

« Nous rebâtirons »

Quelques mois après l’incendie et la polémique beaucoup de questions demeurent. L’argent est-il arrivé à destination ? Non, les grands mécènes ne verseront les fonds que petit à petit. De plus, certaines communes et certains particuliers ont renoncé à tenir leurs promesses de dons au vu du succès de la campagne.

Comment doit-on reconstruire Notre-Dame ? Si c’est une question sur laquelle doit encore trancher le ministère de la Culture, pour Matthieu Lours la réponse est clair : 

Je pense que ce sera une restauration à l’identique.

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