Le 17 novembre dernier, le mouvement des Gilets jaunes, initié par les réseaux sociaux, a surpris par son ampleur, par ses mots et parfois, par sa violence. Danièle Sallenave, écrivaine et membre de l'Académie française, apporte sa vision des événements.

Crise des Gilets jaunes : des revendications antérieures à la Révolution.
Crise des Gilets jaunes : des revendications antérieures à la Révolution. © AFP / Estelle Ruiz / NurPhoto

Neuf mois après les débuts du mouvement des Gilets jaunes, Danièle Sallenave, auteure de Jojo, le Gilet jaune et membre de l'Académie française, dresse son bilan.

Les éternelles revendications

L'écrivaine reconnaît que le mouvement a diminué en nombre. C'était, selon elle, "inévitable". Elle estime cependant que leurs actions mettent en lumière plusieurs revendications qu'elle juge "constantes".

D'une part, il s'agit de l'exigence de justice fiscale.

On veut bien payer des impôts mais on veut une justice fiscale. C'est une idée très ancienne : déjà au Moyen-Âge, il y avait déjà des révoltes fiscales.

D'autre part, les Gilets jaunes revendiquent, d'après l'auteure, le droit de mener une vie digne selon les critères actuels, pas ceux des générations précédentes.

Une vie digne c'est ne pas se demander comment on terminera le mois. C'est ne pas se demander si on va devoir faire des pâtes pendant une semaine pour ses gosses. Ça, c'est tout à fait indigne.

Enfin, Danièle Sallenave relève une revendication constante d'égalité, antérieure même à la Révolution. 

Se faire entendre

Selon elle, ce mouvement n'est ni "inattendu" ni "l'expression d'un ressentiment".

En réalité, c'est l'expression d'une volonté positive d'être en haut, dans la lumière, tous ensemble, plutôt que de rester dans l'ombre."

Concernant la visibilité du mouvement, Danièle Sallenave est catégorique. Ils voulaient se faire entendre et elle estime qu'ils ont réussi

Le gilet jaune, on le met pour être vu dans un endroit qui est dangereux.

D'après elle, il est admis que cette catégorie de la population ne devrait avoir la parole que dans le cadre du vote. Elle regrette qu'on ne laisse s'exprimer que les "experts".

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