Le 28 février 2020, l’actrice Adèle Haenel quittait la cérémonie des César lors de la remise à Roman Polanski du prix du meilleur réalisateur. Caroline de Haas, fondatrice du collectif féministe « Nous Toutes » revient sur ce moment déterminant, et sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles en général.

Un tag "Merci Adèle Haenel" par le collectif féministe #Noustoutes dans les rues de Paris, le 6 mars 2020.
Un tag "Merci Adèle Haenel" par le collectif féministe #Noustoutes dans les rues de Paris, le 6 mars 2020. © Maxppp / Sebastien Muylaert

Le mouvement Me Too avait déjà amorcé une rupture en créant une vague mondiale de prise de conscience sur la question des violences sexistes et sexuelles il y a 3 ans.

Alors qu’on observe un changement radical du rapport à cette question, et à celle des rapports entre hommes et femmes, le mouvement a pris une ampleur encore plus grande au printemps dernier, en France.

Le moment Adèle Haenel

Lorsqu’Adèle Haenel prend la parole, elle réveille chez plein d’entre nous des choses très fortes.

Pour Caroline de Haas, le témoignage d’Adèle Haenel sur les violences sexuelles qu’elle a subi entre ses douze et quinze ans est courageux. Il a également contribué à une « accélération de l’histoire sur la question » et à une prise de conscience de certains problèmes dans la société française, notamment au sein du système judiciaire, qui selon la fondatrice de Nous Toutes « ne permet pas de lutter efficacement contre ces violences. »

Des avancées révélées par le confinement

S’il avait eu lieu il y a 3 ou 4 ans, avant Me Too, on n’aurait pas parlé une seule fois des violences que subissaient les femmes pendant le confinement.

Le confinement a été une période très difficile sur le plan des violences subies par les femmes confinées avec des hommes violents, et la réponse des pouvoirs publics n’est aujourd’hui « pas à la hauteur». Caroline de Haas se montre néanmoins optimiste quant à cette problématique, qui a fait la Une des journaux dès le début des restrictions de déplacement. Elle ajoute : « C’est un sujet qui avait pris tellement d’importance dans l’espace public qu’on ne pouvait pas faire comme s’il n’existait pas ».

L’intersectionnalité des luttes

A propos des dernières manifestations contre le racisme, Caroline de Haas établit des connexions avec le mouvement féministe. Elle rappelle que les femmes racisées sont encore plus victimes de sexisme et de violences sexuelles que les autres. 

Les luttes se nourrissent entre elles.

Déconnecter les luttes serait pour la fondatrice de Nous Toutes une « erreur sur le fond, car ce sont des sujets liés », en plus d’être « une erreur stratégique » - les mobilisations se nourrissant l’une et l’autre.

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