Un nouveau Trump au Brésil ? Jair Bolsonaro est élu par le peuple Brésilien le 29 octobre 2018 avec 55,13 % des voix. Investi le 1er janvier 2019, il est à la tête du pays depuis maintenant plusieurs mois. L’académicien Jean-Christophe Rufin, auteur de "Rouge Bresil", revient de Rio.

Jair Bolsonaro : barre à droite, changement radical.
Jair Bolsonaro : barre à droite, changement radical. © AFP / GABRIELA BILO / AGÊNCIA ESTADO

Catastrophe écologique pour certain, le nouveau président brésilien prône le libéralisme sous toutes ses formes et soigne ses sorties racistes, homophobes et misogynes. Jair Bolsonaro s’est fait élire notamment grâce au soutien des évangéliques ultraconservateurs qui appuyaient sa vision d’une éducation "sans endoctrinement ni sexualisation précoce".

Avec 55,13  % des voix, Bolsonaro est à la tête du Brésil depuis maintenant six mois. 

Un homme pour les diviser tous

Le premier bilan trimestriel est décevant. Ses actions divisent la population brésilienne. C’est aussi ce que confirme Jean-Christophe Rufin :

C’est [Jair Bolsonaro] une personnalité très transgressive dans ses prises de paroles et dans les gens dont il est entouré. Il ne cherche pas du tout le consensus, il cherche à imposer une certaine vision qu’il a de la société et cela se fait dans la déchirure sociale. 

Son entourage est composé de militaires, comme lui : Floriano Peixoto, son secrétaire général, Fernando Azevedo, son ministre de la défense ou encore le Général Heleno, secrétaire de la sécurité institutionnel. 

La mauvaise graine du climato-scepticisme 

Ce qui inquiète principalement, c’est son mépris total pour le climat. Pour l'écrivain :

Il n’a aucun complexe. Il promeut libéralisme qui s’intègre dans un climato-scepticisme, dans une vision finalement très méprisante de tout ce qui est droit des peuples indigènes. Toutes les mesures qu’il a prises en matière d’écologie sont donc très préoccupantes.

Il poursuit :

Cela préoccupe d’autant plus avec l’industrie très puissante brésilienne et l’environnement très fragile du pays. L’Amazonie c’est quand même le poumon de la planète. Le risque de tout détruire est donc très présent.

Trump sous l’équateur ?

La comparaison semble évidente pour les médias français qui voient en Bolsonaro le nouveau Donald Trump de l’Amérique latine. Pour l’académicien, la ressemblance est moins évidente. Même si  le diplomate français reconnaît que leurs discours sur le climat et les réfugiés se rejoignent, ils ont, selon lui, des personnalités bien différentes.

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