Françoise Vergès, politologue, spécialiste de l’histoire de l’esclavage et de l’histoire coloniale revient sur la mort de Georges Floyd en mai dernier et sur le mouvement Black Lives Matter.

Un manifestant tient une photo de Georges Floyd à Nantes, le 6 juin 2020;
Un manifestant tient une photo de Georges Floyd à Nantes, le 6 juin 2020; © AFP / Sébastien SALOM-GOMIS

La vidéo amateur, une nouvelle arme pour dénoncer les violences policières ?

Ce n’est pas la première vidéo amateur à dénoncer les violences policières aux Etats-Unis, mais les images de la mort de Georges Floyd en mai dernier ont eu une résonance mondiale. Françoise Vergès l'explique par le fait que ce soit à "l’assassinat en direct" d’un homme qui est en train de mourir sous le genoux d’un policier au regard tranquille que l'on assiste.

"C’est le sentiment d’impunité de ce policier qui frappe"

Selon la politologue, la vidéo amateur est devenue une arme, par la force de l’image, par sa capacité à devenir virale mais aussi et surtout, parce qu’elle sert de témoignage. 

Black Lives Matter, une résonance mondiale

"Black Lives Matter" (Les vies noires comptent) est un slogan fort car il pose des questions : qu’est-ce qui fait qu’elles n’ont pas comptées et qu’elles ne comptent toujours pas ? Selon Françoise Vergès, il faut remonter à l’histoire de l’esclavage où leurs vies étaient "jetables, en totale impunité". Et c’est cette force qui résonne dans le monde aujourd’hui et qui amène à se poser des questions qui reposent sur la longue histoire de la lutte pour la justice et l’égalité.

"Quand vies noires compteront, et notamment les vies des femmes noires, toutes les vies vont compter"

Un antiracisme politique

L’accumulation de vidéos n’arrête pas les violences policières ou les meurtres.  Selon la politologue, pour qu'il persiste et ait un véritable impact politique, il faut que le mouvement prenne le sens d’un mouvement politique pour aller "vers là où se prennent les décisions". Il faut former un mouvement sur les plans économique, culturel, social. 

Il est question de fonder un antiracisme politique pour faire en sorte que la société de demain soit une société post-raciste. "Le racisme n’est aujourd’hui plus seulement une question d’opinion". 

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