Wilfrid Lupano, scénariste de bande dessinée, s’est rendu à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes avant et après l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport. Il a contribué à l’écriture de l’ouvrage "Éloge des Mauvaises Herbes" qui raconte la vie dans la ZAD.

Destruction des lieux de vie alternatifs de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en 2018
Destruction des lieux de vie alternatifs de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en 2018 © AFP / Loïc Venance

Le 17 janvier 2018, Édouard Philippe annonce l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, objet de lutte politique depuis les années 1970. Le territoire sur lequel devait être construit le futur aéroport est investi depuis 2009 par des centaines de personnes qui y ont développé des activités agricoles, culturelles et sociales alternatives. 

J’ai découvert un territoire d’expérimentation.

Wilfrid Lupano se rend une première fois à la ZAD, le week-end précédant l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport,  à l’invitation de la bibliothèque associative « le Taslu ». Il vient y présenter le quatrième tome de sa série de BD, Les Vieux Fourneaux, qui imagine la vie dans une ZAD.  Cette première visite à Notre-Dame-des-Landes va surprendre le scénariste qui y découvre un « laboratoire de comportements alternatifs ».

La ZAD est un territoire extrêmement varié.

Dans Éloge des Mauvaises Herbes, ce que nous devons à la ZAD (Les Liens Qui Libèrent, 2018), Wilfrid Lupano raconte la richesse de ce territoire autogéré qui abrite une grande diversité de personnes. Des décroissants, des primitivistes, des écologistes, des agriculteurs, des jeunes et des moins jeunes cohabitent et mènent des projets collectifs en tout genre, même si tous ne sont pas unanimes sur le mode de vie à adopter. 

Qu’elle est l’urgence à faire table rase sur un territoire en stand-by depuis 30 ans ?

Wilfrid Lupano retourne ensuite à la ZAD après l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport, mais surtout après le début des destructions de lieux de vie par les 2 500 sujets des forces de l’ordre dépêchés par le ministère de l’Intérieur pour évacuer la ZAD rapidement. Il ne comprend ni les expulsions ni leur justification parce que la ZAD qu’il nous raconte n’est pas dangereuse. Il témoigne des blessés, des blindés, des tractopelles et du message paradoxal qu’envoie un gouvernement qui vante en permanence l’innovation : 

Ne tentez pas autre chose il n’y a pas d’alternative à notre système capitaliste.

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