Reconfinement en Europe et sur le reste de la planète, la portée politique des chemises hawaiennes aux Etats-Unis... Ingrid Therwath, de Courrier International, discute avec nous de l'actualité de la semaine autour du monde.

Panneau d'avertissement sur une plage de Catalogne pour séparer les personnes âgées et les familles ou les jeunes. Le nombre élevé de cas de coronavirus au cours des dernières semaines impacte durement le tourisme
Panneau d'avertissement sur une plage de Catalogne pour séparer les personnes âgées et les familles ou les jeunes. Le nombre élevé de cas de coronavirus au cours des dernières semaines impacte durement le tourisme © AFP / Adrià Salido Zarco / NurPhoto

L’Espagne, qui a récemment fait l’objet d’une mise en garde par le Premier ministre français, a d’abord ordonné le reconfinement de plus de 200 000 personnes en Catalogne au début du mois de juillet, puis a appelé les 4 millions d’habitants de Barcelone à se confiner chez eux à partir du 17 juillet. Le gouvernement espagnol essaie quand même de sauver la saison touristique en mettant en place des zones d’exception. C’est ce qu’explique le quotidien britannique The Guardian car beaucoup de ses lecteurs partent habituellement en vacances en Espagne. Selon le journal, les négociations sont en cours et l’objectif est que les Baléares et les Canaries soient exemptées des mesures d’isolement obligatoire. L’Andalousie et la région de Valence ont aussi demandé à être incluses dans ces négociations.

Autre pays voisin qui reconfine : la Belgique. Là-bas, c’est un peu différent. Pas de reconfinement stricto sensu, mais plutôt de réduire les contacts. Les Belges parlent de "bulle sociale". Jusqu’au 27 juillet, ils pouvaient fréquenter 15 personnes en plus des membres de leur foyer. Désormais, ce chiffre est passé à 5 ! Plus le droit non plus de faire ses courses à plusieurs et pas question que cela dure plus de 30 minutes... 

Ailleurs dans le monde

La Chine avait reconfiné certaines régions assez rapidement dès le mois de juin. Et début juillet, c’est la région de Melbourne, en Australie, où les cas augmentaient rapidement qui a reconfiné sa population – 5 millions de personnes – pour 6 semaines au minimum. 

La Tunisie a décidé le lundi 27 juillet de réimposer un isolement obligatoire de trois jours aux voyageurs en provenance d’un pays classé sur la liste “orange” des pays à risque et qui ne pourraient pas justifier d’un test PCR négatif.

Le même jour, l’Algérie a annoncé des chiffres de contaminations qui font d’elle un des pays d’Afrique les plus touchés par le Covid-19. Les autorités ont donc annoncé le confinement partiel de 29 provinces sur 58. En pratique, et c’est le quotidien algérien Reflexion qui le précise, cela prend la forme d’un couvre-feu de 20h à 5h du matin, d’une interdiction des déplacements en véhicules particuliers entre ces provinces et une suspension le weekend des transports publics.

Au Maroc, où le nombre de cas de Covid-19 a également augmenté, le gouvernement a annoncé, le 27 juillet là encore, l’interdiction “de se rendre dans 8 grandes villes ou de les quitter”.

Et puis, il y a des gouvernements et des autorités locales qui prennent le Covid-19 beaucoup moins au sérieux. La Floride fait partie des quelques États à l’origine d’une résurgence majeure du coronavirus aux États-Unis. Mais, selon la presse américaine, on n’y connaît même pas le nombre de personnes hospitalisées avec le Covid-19, et le gouverneur, qui est républicain et pro-Trump, persiste à minimiser l’ampleur de la crise…

De la chemise hawaïenne à l'extrémisme 

Sachez que porter des chemises hawaïennes est devenu une démarche politique, selon le New York Times. Ces chemises sont devenues un « uniforme (version kitsch) pour les membres de groupes extrémistes ». Des groupes de suprématistes blancs, qui voudraient une guerre des races version deuxième guerre de Sécession, défilent armés jusqu’aux dents et sont  contre le port sanitaire des masques…

Ces groupes appartiennent au mouvement dit Boogaloo. Un de leur membre a été inculpé en juin pour le meurtre d’un policier. Alors pourquoi les chemises hawaïennes ? Peut-être pour faire croire qu’ils n’ont pas de mauvaises intentions, qu’ils sont de sympathiques rigolos, malgré leurs armes de guerre. Le New York Times a demandé à Scott Nagakawa, membre d’un groupe de réflexion sur la justice raciale, ce qu’il faut faire surtout si on a et si on aime les chemises hawaïennes : pour  « leur ôter toute signification », il faut selon lui « les porter en masse ».

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