Entre indignation et colère, cela fait couler beaucoup d’encre. Courrier International résume ce reportage du New York Times titré : "Stop Repeating History" : "Arrêtez de répéter (les erreurs de) l’Histoire". Et puis retour sur l'expédition de Magellan, il y a tout juste 500 ans.

États-Unis, politique migratoire : à travers les yeux de la presse
États-Unis, politique migratoire : à travers les yeux de la presse © AFP / J PAT CARTER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Les "erreurs" de Fort Sill 

"Arrêtons de répéter les erreurs de l’histoire", c’est ce que déclare au New York Times Satsuki Ina, 75 ans, née dans un camp d’internement destiné aux Japonais pendant la Second Guerre mondiale. Elle fait partie de la manifestation du 22 juin dernier contre le placement dans ce camp de Fort Sill de 1400 enfants immigrés sans papiers et sans tuteurs légaux.

Fort Sill, c’est un camp militaire situé en Oklahoma qui détient 700 Nippo-Américains pendant la guerre.

Aujourd’hui, ce type de centre connaît une importante surpopulation. La politique de séparation des familles n’est qu’une mesure parmi d’autres mise en place par le gouvernement Trump pour lutter contre l’afflux d’étrangers sans papiers. Pour Satsuki, cette mesure de séparation est similaire à ce qu’elle a vécu. Il y a un vrai risque pour les enfants selon elle :

Il y a trop de rapprochement avec ce que nous avons vécus. Des enfants emprisonnés sans respect des conditions minimales d’accueil. Pour nous aussi, il y a eu séparation des familles, rétention à durée indéterminée. Longtemps après, nous en avons gardé des séquelles.

La polémique aux États-Unis

Cette Une du Time choque le monde entier en juillet 2018. À l’époque, la polémique vient d’être mise en lumière par les médias. Près d’un an plus tard, elle "enfle" encore selon Courrier international. Le journal rapporte un tweet de la députée Alexandria Ocasio Cortez.

Cette administration a établi des camps de concentration à la frontière sud des États-Unis pour les immigrants, où ils sont brutalisés dans des conditions inhumaines et où ils se meurent.

Son tweet est accompagné d’un lien vers ce qu’elle décrit comme « l’analyse d’un expert ». Il s’agit de Jack Holmes, éditorialiste politique pour Esquire. Du Washington Post au New York Times, cette déclaration suscite de nombreuses réactions de la part des médias américains. Du côté politique, la députée est très critiquée pour son tweet, même au sein de son propre parti. Jake Lankford, le sénateur républicain de l’Oklahoma, a répondu :

On entend ici et là “Ce sont des camps de concentration”, “C’est comme des camps d’internement”, c’est faux. Il s’agit là de répondre à des enjeux humanitaires.

La politique migratoire du "mérite"

Jeudi 16 mai, Donald Trump présente un projet de réforme de la politique d’immigration des États-Unis. Il souhaite la fonder sur le "mérite" et plus particulièrement sur une sélection des étrangers pour leurs compétences. Les qualifications recherchées : un bon niveau d’anglais, un haut niveau d’éducation et une promesse d’embauche. Cela jure avec la politique existante qui consiste à réunir les familles.

D’une part, CNN parle d’un projet "mort-né" car, selon la chaîne américaine, il sert exclusivement à appuyer sa stratégie électorale pour 2020 même s’il sait pertinemment que le Congrès s’y opposera. D’autre part, cette réforme ne résout pas la question des migrants mineurs retenus dans des centres et dont la situation ne doit être que temporaire d’après le ministère de la Santé et des Services sociaux. 

Il y a 500 ans, Magellan est mort

1519 : Ferdinand de Magellan monte une expédition de cinq navires et de 237 hommes du sud de l’Espagne. Il ne cherche pas à faire le tour du monde. Et il n’a pas fait le tour du monde.

Magellan est mort à mi-chemin. Son expédition visait à découvrir de nouvelles routes pour le commerce d’épices. C’est dans le Pacifique que les trois quarts de l’équipage meurent ou disparaissent contre les guerriers locaux (principalement en Indonésie). Quant à Magellan, c’est dans une querelle avec un roi local, près des Philippines, qu’il sera tué.

L’expédition se termine par le cap de Bonne Espérance et le capitaine ramène ses 18 hommes sur le seul navire restant. Ils rentrent en Espagne sans Magellan mais viennent de réaliser le premier tour du monde de l’Histoire. Le second ne sera fait que 60 ans plus tard par Francis Drake.

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