Dans l'actualité de la semaine dans le monde, décryptée par nos confrères de Courrier International, c'est d'abord les explosions meurtrières à Beyrouth, qui réveillent la colère des Libanais face à une classe politique vue comme corrompue. Mais aussi le télétravail au Royaume-Uni... et un ragoût qui fait polémique.

Le 4 août, une série d’explosions a ravagé Beyrouth. La capitale libanaise est en deuil, on déplore près de 150 morts et 5000 blessés. Le lendemain de la catastrophe, Patricia Khoder, journaliste pour le quotidien libanais francophone L’Orient - Le Jour, a sillonné la capitale libanaise à moto. Elle a traversé des quartiers entièrement soufflés et a livré un récit poignant. Elle parle d’ « une destruction digne d’un film de fiction ». Elle va jusqu’à dire, avec l’émotion des lendemains de catastrophe : « Quand le soleil se lèvera, Beyrouth, ma ville, n’existera plus. »

Et pourtant Beyrouth existe encore, et Beyrouth est en colère. Toujours dans L’Orient – Le Jour, la journaliste Fifi Abou Dib met la classe politique en garde. Elle en a assez qu’on parle de la résilience des Libanais. Elle demande à ses concitoyens de faire passer un message aux politiciens. 

Et ce message, le voici : « Dites-leur que nous n’avons plus de courage. Dites-leur que nous ne serons plus jamais résilients. Que nous sommes habités d’une colère homérique. Que le vide est préférable à leur abjecte figuration. Et que les foules excédées préparent déjà les potences, s’ils ne partent pas de leur plein gré. »

La même colère est palpable quand on lit le site libanais arabophone Daraj. Pour lui, Beyrouth est surtout « une ville martyre ». Premier constat, « les guerres successives traversées par la ville n’avaient pas laissé de destructions aussi massives. » Mais si Daraj est en colère, c’est parce que « la première évidence est que derrière cette explosion il y a une incompétence formidable, ou une corruption formidable, en plus d’une mafia au pouvoir (…) Beyrouth est une ville sinistrée par une terrible explosion, mais aussi par la faillite, par la corruption, par ses présidents, par son gouvernement, sinistrée par tous ces morts (…). Pleurons Beyrouth. »

Mais pleurer ne suffit pas, et Daraj appelle lui aussi à la démission de l’ensemble de la classe politique, qui n’a su, au lendemain des explosions manifester ni efficacité, ni empathie, ni honte.

Au Royaume-Uni, le revers de la médaille du télétravail

Beaucoup de cadres britanniques se réjouissent de pouvoir travailler chez eux, mais il pourrait y avoir un revers de la médaille… C’est plus précisément le journaliste Allister Health qui le dit dans un billet un brin provocateur, publié par le Daily Telegraph de Londres.

Si les cadres peuvent travailler n’importe où, qu’est-ce qui empêchera les patrons de recruter des cadres moins chers à l’étranger… bref, de délocaliser les emplois… ? Le Daily Telegraph parle de « millions d’emplois devenus exportables ». Les cadres, qui étaient jusqu’à maintenant les grands gagnants de la mondialisation, pourraient bien en faire les frais à leur tour. Allister Health va plus loin. 

Il pense que « cela remettra les villes, villages et campagnes à un niveau plus égal, élargira l’accès à la propriété foncière et à l’automobile et causera la faillite des réseaux de transports publics », que toute augmentation d’impôt sera insupportable et que les universités devront de toute urgence « se débarrasser des cursus inutiles ». Autant vous dire, Laetitia, que travailler de chez soi, c’est peut-être la première étape avant de grands chamboulements !

Le meilleur restaurant est à la maison : c'est la devise d’Alison Roman.

Alison Roman est une cheffe pâtissière reconvertie en journaliste culinaire pour le magazine Bon Appétit puis pour le New York Times. Son compte Instagram est suivi par plus d’un demi million de personnes. Elle propose des recettes réalisables par tous, avec des ingrédients trouvables au supermarché et sa notoriété a explosé pendant le confinement ! D’ailleurs, le site américain Vox et le quotidien allemand Die Zeit lui ont même consacré de longs articles.

Mais attention, ses propositions de recettes ne sont pas sans polémique. Pour certains, elle réinvente un peu l’eau tiède… C’est une critique notamment qui vise son plat appelé The Stew, le ragoût, et qui n’est qu’une pale copie, une copie franchement très au rabais si vous voulez mon avis, de currys indiens. 

D’ailleurs, le journaliste d’origine indienne Navneet Alang a analysé ce phénomène pour le site américain Eater. Pour lui, le plus important est « bien de se demander si une personne de couleur aurait pu également faire le buzz avec un simple plat mijoté à base de pois chiches et de curcuma.” On sent bien que non, et c’est évidemment un problème.

Un problème que chacun pourra garder à l’esprit la prochaine fois qu’un chef connu fera le buzz avec un plat dit « exotique »…

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