Coup de tonnerre politique à Hong-Kong, propagande en Ouganda et marché florissant de l'arnaque à Cuba... Sasha Mitchell, de Courrier International, discute avec nous de l'actualité de la semaine autour du monde.

Il était 23 heures, le 30 juin dernier, lorsque l’obscurité a gagné Hong Kong. 23 heures précises, car c’est à ce moment-là qu’est entrée en vigueur la loi sur la sécurité imposée par Pékin. Dans ce territoire qui était jusqu’à présent semi-autonome et relativement libre, nous rappelle The Guardian, le sécessionnisme et la subversion sont devenus interdits.

Le régime central de Pékin a repris la main sur Hong Kong, les forces de sécurité peuvent s’y implanter, les transferts de suspects vers la Chine continentale sont désormais possibles. Les effets de cette loi sont immédiats: le 1er juillet, la manifestation marquant l’anniversaire de la rétrocession du territoire du Royaume-Uni à la Chine a été déclarée illégale. Le lendemain, le même sort a été réservé au slogan pro-indépendance. 

Dans les bibliothèques, les livres de personnalités favorables à la démocratie ont été retirés, certaines organisations ont volontairement effacé leurs profils sur les réseaux sociaux, d’autres se sont purement et simplement dissoutes... 

Comme l’écrit la journaliste Louisa Lim, qui a longtemps couvert la Chine, cette nouvelle loi repose sur la peur. "Une peur réelle, et qui fonctionne" écrit-elle dans The Guardian. "Hong Kong a basculé dans une réalité kafkaïenne", une réalité qui pourrait presque prêter à rire si seulement les infractions à la nouvelle loi n’étaient pas passible d’une peine de prison très lourde, pouvant aller jusqu’à la perpétuité.

En Ouganda, un personnage de dessin-animé à la rescousse du président

C’est une sorte de mélange entre Homer Simpson et Robin des Bois. A son arrivée sur les écrans ougandais en 2015, il a fait sensation. Seulement voilà, Katoto a une petite particularité, nous apprend le journal sud-africain The Continent - il adore le président Yoweri Museveni. A sa victoire, en 2015, le personnage disparaît des écrans. 

Cinq ans plus tard, le voilà de retour ! La raison est simple : les élections approchent. Début 2021, Yoweri Museveni fera face au plus grand défi électoral de ses 34 ans de règne. Face à lui, l’opposition s’est alliée à une pop-star immensément populaire auprès des jeunes. Katoto a donc été appelé à la rescousse. Et il aura même peut-être encore plus d’influence cette fois-ci, car toute la campagne sera virtuelle - pandémie de Covid-19 oblige. D’ailleurs, pour faciliter les choses, le pouvoir a fait installer 140 000 écrans de télévision à travers le pays... 

A Cuba, la crise du Covid-19 n’affecte pas de campagne électorale... mais ouvre la porte aux arnaques

A La Havane, les transactions sur le marché noir se multiplient à mesure que les rayons des magasins d’Etat, déjà peu fournies en temps normal, se vident. Avec cette tendance, le risque d’arnaques augmente lui aussi et ce n’est pas la menace d’une peine de prison qui dissuade les vendeurs. Désormais, ils passent par les messageries sécurisées pour s’assurer un maximum de discrétion. 

Problème, sur Telegram ou Whatsapp, les clients ont encore moins la possibilité de voir, d’essayer et d’évaluer la marchandise, et sont donc plus exposés aux mauvaises surprises, détaille 14ymedio. Alors ces arnaques, elles ne sont pas nouvelles, à Cuba. Depuis cinquante ans, sur ce marché parallèle indispensable à la subsistance des habitants, on falsifie les cigares, la sauce tomate et les produits d’entretien. 

On dit même que dans les années 1990, lors de la grave crise économique qu’a traversé le pays, certains faisaient passer de vieilles serpillières pour des escalope de dinde ou remplaçaient le mythique fromage de pizza par des préservatifs fondus. Difficile de faire la part entre vraies arnaques et légendes urbaines, mais une chose est sûre, la situation actuelle de l’île semble réveiller certains fantômes. 

Les articles sont à retrouver dans le format papier et sur le site web de Courrier International.

Les invités
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.