Alors que Kim Jong-un a disparu des radars pendant quelques semaines cette année, sa sœur, Kim Yo-Jong, prend une place de plus en plus importante sur la scène politique. Quel rôle joue-t-elle exactement aux côtés de son frère ? Ingrid Therwath de "Courrier International" tente de répondre à cette question.

Kim Yo-Jong, la soeur de Kim Jong-un (ici photographiée en 2018)
Kim Yo-Jong, la soeur de Kim Jong-un (ici photographiée en 2018) © AFP / Odd ANDERSEN

La voix du régime nord-coréen, c’est ce qu’impose Kim Jong-un à la nation. Mais on commence à parler de plus en plus de sa sœur, Kim Yo-jong. Le frère a disparu des radars pendant plusieurs semaines cette année, on pense qu’il serait malade. La question qui se pose aujourd’hui : Kim Yo-jong pourrait-elle devenir la future dirigeante du pays ? 

Très difficile de parler avec certitude de ce qui se passe en Corée du Nord, on ne peut alors qu’émettre des hypothèses. Mais ce qui est sûr, c’est que la sœur de Kim Jong-un joue un rôle de plus en plus important au point que le grand quotidien japonais Mainichi Shimbun lui consacre un très long portrait. 

Qui est Kim Yo-jong ?

Kim Yo-jong est la fille de Kim Jung-Il et petite fille du Kim il-Sung, surnommé « le grand leader », elle est pourtant restée très discrète pendant de longues années. Si discrète que le Mainichi Shimbun a été obligé d’obtenir quelques informations auprès de l’ancien cuisinier de son père. On la disait ouverte et souriante quand elle était plus jeune. Le journal raconte que son entourage l’appelait “gongjunim”, “princesse”, suivant le protocole. Une princesse de la dynastie fondée par son grand-père, le fondateur de la Corée du nord.

Aujourd’hui, Kim Yo-jong a montré qu’elle pouvait aussi se montrer autoritaire et intraitable. Sa réaction après la diffusion des tracts hostiles à son frère le prouve bien. D’ailleurs, malgré sa diplomatie du sourire, "son regard parfois glacial nous reste en mémoire" écrit le Mainichi Shimbun.

Une figure importante de la scène politique nord-coréenne

En 2018, elle œuvre à la détente entre la Corée du Nord, et la Corée du Sud : On lui attribue le rôle de la diplomatie du sourire. La même année, elle serre la main du président, mais sans s’incliner : un signe et symbole de son pouvoir. Elle devient ensuite directrice du département de la propagande. À 33 ans, la première vice-directrice du parti des travailleurs a toujours apporté un soutien sans faille à son frère. 

Ce n’est qu’en mars 2020 que le premier communiqué de presse en son nom est publié. Trois mois plus tard, en juin, les relations avec la Corée du sud s’enveniment à nouveau et elle ne mâche pas ses mots contre Séoul pour condamner l’envoi sur la Corée du Nord de ballons porteurs de tracts hostiles à Pyongyang. Elle annonce carrément le dynamitage du bureau de liaison intercoréen, un organisme qui devait consolider le rapprochement entre les deux Corées.

Le quotidien japonais ajoute d’ailleurs à son sujet qu’elle "ne se contente pas d’apporter à son frère aîné un soutien sans faille, et ne cache plus sa qualité de bras droit inflexible".

Le journal sud-coréen Hankyoreh va même plus loin. Selon lui, le frère a choisi sa sœur cadette pour dauphine ce qui expliquerait sa présence à ses côtés et cette visibilité politique nouvelle. D’ailleurs elle emporte l’adhésion de la presse nord-coréenne, notamment le Rodong Sinmun.

Une chose est sûre : Kim Yo-jong est une personnalité à suivre. 

Aux États-Unis, les survivalistes intriguent la presse

On les appelle aussi Preppers, les survivalistes, ces individus suréquipés, prêts à vivre en autonomie pendant des mois, voire des années en cas d’apocalypse. On en trouve partout : aux États-Unis, en Thaïlande, mais aussi en France.

Jusque-là, on les voyait plutôt comme des farfelus, mais avec la crise sanitaire de cette année, cette perception est en train de changer. 

C’est ce qu’a expliqué le géographe Bradley Garrett dans les pages du mensuel américain The Atlantic, dont l’anticipation est l'un des points forts. Depuis trois ans, il a parcouru le monde à la rencontre de ces survivalistes pour en faire un livre. 

Jusqu’à maintenant, le fait d’accumuler denrées non périssables et produits de première nécessité passait pour un comportement presque pathologique. Mais maintenant que l’on a vu des foules s’arracher du papier toilette dans les supermarchés, les survivalistes ne sont plus autant tournés en ridicule. "Au fond, le prepping est une forme de militantisme, de rempart contre les fausses promesses du capitalisme, de l’idée d’une croissance éternelle, et de ressources intarissables", explique Bradley Garrett.

Mais attention, les survivalistes, du moins aux États-Unis, servent une idéologie conservatrice. Ils se méfient de l’État, des experts, des élites et peuvent même parfois verser dans le conspirationnisme. Pas sûr, donc, comme le dit The Atlantic, que nous devions tous devenir survivalistes. 

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