Cette semaine, Sasha Mitchell, journaliste à Courrier International, revient sur les temps forts de l'actualité du globe. Au programme : les talibans en Afghanistan, le Pakistan qui souffre du réchauffement climatique et l'immortalité dans un petit village de la Sardaigne.

Kaboul, capitale de l'Afghanistan
Kaboul, capitale de l'Afghanistan © Getty / Christophe_cerisier

En Afghanistan, les talibans avancent et la presse se demande si la Chine peut venir stabiliser le pays.

Pas militairement, mais grâce à son arme favorite… les investissements et le développement économique. En tout cas, les appels lancés dans la direction de Pékin pour sauver l’Afghanistan se multiplient, nous dit The Indian Express. Les voisins du nord comme le Turkménistan et l'Ouzbékistan ont tous des liens de plus en plus étroits avec la Chine et pourraient voir d’un bon œil une telle intervention.

La Russie, de son côté, est plus proche de Pékin que jamais et a tout intérêt à appuyer l’aide chinoise pour garantir la stabilité de sa frontière avec l’Afghanistan. 

Mais pour le journal indien, rien ne dit que la Chine acceptera de se lancer, surtout que pour le moment la situation est particulièrement instable… Officiellement, Pékin semble pencher en faveur du gouvernement afghan, qui l’a invité à investir dans le pays pour l’aider à tourner la page de 45 ans de conflit.

Cette position s’explique par une crainte de l’idéologie des talibans et de leur influence potentiellement déstabilisatrice sur la province chinoise à majorité musulmane du Xinjiang – The Indian Times

De son côté, le groupe islamiste s’emploie à rassurer - il appelle aussi de ses vœux les investissements de Pékin dans les pays. 

Mais les dirigeants chinois ne sont pas naïfs", assure The Indian Times. Lorsqu’ils étaient au pouvoir entre 1996 et 2001, les talibans ont montré que les capitaux étrangers ne les intéressaient pas vraiment. S’ils revenaient à la tête du pays, peu de chances que le développement économique fasse partie de leurs priorités. 

Une chose est sure, le régime fait preuve d’une extrême prudence. Ni la perspective de faire main basse sur les ressources naturelles de l’Afghanistan ni la vanité de devenir la dernière superpuissance régionale en date ne le convaincra Pékin de se précipiter. 

Au Pakistan, alors que le monde est promis à des phénomènes climatiques extrêmes dans les décennies à venir, une ville du pays est déjà sujette à des températures insoutenables… 

Jacobabad est une ville de 200 000 habitants, où nous emmène The Daily Telegraph. Ici, le mercure peut atteindre 52°C à l’ombre au plus fort de l’été. 

Les rues sont alors désertes, les habitants se rafraîchissent comme ils peuvent. Avec des ventilateurs, entre chaque coupure de courant. Et même avec de la glace - une usine en produit de gigantesques blocs qui sont ensuite découpés en morceaux et vendus sur les étals.

La localité du sud du Pakistan est connue depuis longtemps pour ses températures torrides. Le soleil y est proche de la verticale l’été et de l’air humide souffle depuis la mer d’Arabie. Mais une étude scientifique vient de lui conférer une distinction dont elle se serait bien passée : ce mélange de chaleur et d’humidité en fait l’un des deux endroits au monde à avoir officiellement franchi un seuil de température mortel pour l’être humain. L’autre ville se situe aux Emirats arabes unis. 

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont étudié ce qu’on appelle les températures humides – celles qui sont prises par un thermomètre recouvert d’un linge mouillé. 

La température humide donne une idée de la chaleur réellement ressentie par les humains, puisqu’on se rafraîchit naturellement par la transpiration. A partir de 35°C, le corps ne peut plus se rafraîchir par la transpiration, c’est une situation qui peut être fatale en quelques heures. – Tom Matthews, climatologue, au Daily Telegraph.

Jacobabad a dépassé quatre fois entre 1987 et 2015 - c’est ce qu’ont remarqué les scientifiques en étudiant les relevés météorologiques. Le problème, c’est que ces températures extrêmes sont appelées à devenir plus fréquentes. Les scientifiques considèrent la vallée de l’Indus, où se trouve Jacobabad, comme l’un des endroits les plus vulnérables au réchauffement climatique. Et on craint que d’autres villes ne rejoignent le club des températures mortelles. 

En Italie, dans un petit village sarde, les habitants sont … quasi-immortels !

Son nom Perdasdefogu… À l’entrée de la bourgade, un panneau donne le ton. “Perdasdefogu, record mondial de la longévité familiale.” L’exploit est bien réel, et même, homologué par le célèbre Guinness des records : en 2014, Consòla Melis et ses huit frères comptabilisaient 837 ans à eux neuf. 

Ici, s’amuse le quotidien Corriere della Sera, pas besoin de souhaiter à ceux qui fêtent leur anniversaire de vivre jusqu’à 100 ans. Alors que l’Italie compte 30 centenaires pour 100 000 habitants, le village de 1700 âmes en recense 8. Treize fois la moyenne nationale. C’est une anomalie totale. 

Il y a Antonio 103 ans, qui a échappé au bombardement Cagliari, capitale de la Sardaigne, pendant la Seconde Guerre mondiale. Et puis Vittorio, 101 ans, le seul à vivre en maison de retraite. Les autres passent leurs vieux jours chez eux entourés de leurs familles. C’est l’une des clés de cette longévité, selon le Corriere della Sera. La solidarité, le sentiment de communauté. Pour d’autres, à l’image de Giacomo, mémoire vivante de la commune, le secret serait plutôt à chercher dans l’air pur et l’eau, où on trouverait des insectes rares, signe d’un environnement à part. Le régime fait de légumes du potager y est aussi pour beaucoup. Les habitants suivent ainsi ... la route des cent ans, comme le chantait Roy Paci !

Tous les articles sont à retrouver dans le numéro de Courrier International toujours en vente, ou bien en ligne. 

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