Emission présentée par Nathalie Dicommun de la Radio Télévision Suisse

avec

Annette ARDISSON (France Inter)

Benoît AUDET (Radio-Canada)

Dominique D'OLNE (RTBF Belgique francophone)

En "Une" bien-sûr, l'évènement de la semaine: le 70ème anniversaire du débarquement, ce sera certainement le dernier d'une telle ampleur célébré en présence des soldats qui ont débarqué sur les plages de Normandie...

Nous irons au Canada, sous le choc de la fusillade de Moncton, 3 policiers tués. La ville est restée terrée pendant 2 jours avant que le suspect ne soit arrêté vendredi.

En Suisse, le principe de semi-liberté pour les prisonniers a à nouveau été remis en question, et débattu par les élus politiques, alors qu'un homme qui avait tué une prostituée à coups de poinçons est resté introuvable pendant 4 jours.

Enfin en Belgique, nous décrypterons les conséquences des dernières éléctions... Ou comment les accords de dernière minute entre partis pourrait bien rendre difficile la constitution d'un gouvernement fédéral.

VIRGULE

*** Dix-neuf chefs d'états et de gouvernements présents sur les plages de Normandie pour le 70ème anniversaire du débarquement...

Des mesures de sécurité hors du commun, car, outre la cérémonie commune à Ouistreham, il a fallu organiser des hommages nationaux ou binationaux...

Le tout en présence de vétérans de moins en moins nombreux, mais de plus en plus vieux, Annette Ardisson.

Ils sont 1800 a avoir fait le déplacement, la moitié, à peu près, venu de Grand Bretagne, un quart des Etats Unis, mais c'est à un Canadien que nous rendrons hommage ici: Ernest-Adolphe Côté, bientôt 101 ans, représentant du Royal 22ème, le régiment francophone de l'armée canadienne débarqué à Juno Beach. Toute sa tête, il ne se prend pas pour un héros!

Son Ernest Côté.

Grosse émotion pour les vétérans. 11 150 soldats tués au soir du 6 juin 44

Grosse émotion aussi pour les Normands.

De la libération, on voit souvent les scènes de liesse dans les films, mais on a oublié la terreur des bombardements: 3000 morts civils les deux premiers jours. 20 000 au cours de la bataille de Normandie. 60 000 morts au total en France sous les bombes alliées.

Il a fallu attendre les années 90 pour que sortent les statistiques.

Et il a fallu attendre cette année pour qu’un hommage national soit rendu aux victimes civiles et à leur sacrifice, pour reprendre le terme du Président de a République.

*** Et les survivants ne font pas grief aux libérateurs?

Certains peut-être, mais ça ne se dit pas.

Ce qu'avouent ceux qui étaient aux premières loges, c'est qu'ils redoutent, aujourd'hui encore, ce qui leur rappelle le fracas des bombes.

So Léopolda BEUZELIN

Alors pour Léopolda, pas de démonstration aérienne ni de feu d'artifice ce week-end...

VIRGULE

*** Au Canada, le tireur soupçonné d'avoir tué trois policiers et d'en avoir blessé deux autres a finalement été arrêté, après plus de 24 heures de traque. Les habitants de la ville de Moncton, ou s'est déroulée la tragédie, ont vécu des heures d'angoisse. Benoît Audet, d'abord, rappelez-nous le fil des événements.

  • en début de soirée

  • mercredi

  • les habitants d'un quartier

  • de Moncton

  • une ville de 70000 habitants

  • ont aperçu un homme lourdement armé

  • qui circulait dans une rue

  • ils ont appelé les policiers

  • qui se sont présentés sur les lieux

  • des coups de feu

  • ont été échangés

  • bilan : 3 policiers morts

  • deux autres blessés

*** Et une véritable chasse à l'homme a alors été lancée.

  • des centaines de policiers se sont lancés

  • à la poursuite du suspect

  • un quartier entier

  • a été bouclé

  • finalement

  • le tueur présumé

  • s'est rendu aux policiers

  • la porte-parole de la Gendarmerie royale du Canada

  • Marlene Snowman

  • nous décrit les criconstances de l'arrestation

Sortie : alentour.

*** Et c'est un soulagement pour les résidents de Moncton, qui ont vécu de nombreuses heures d'angoisse pendant la traque.

  • les gens du quartier bouclé

  • ont dû demeurer

  • enfermes à la maison

  • les portes verrouillés

  • la ville s' est transformée

  • en ville fantôme

  • les école fermées

  • de nombreux commerces également

  • je vous laisse entendre un citoyen de Moncton

  • Dion Leblanc

  • il était très heureux du dénouement

Sortie : ça nous a réveillé

*** Enfin, on connaît l'identité des trois policiers abattus ?

  • Dave Ross 32 ans

  • il était père d'un bambin

  • son épouse attend un autre enfant

  • Douglas James Larche, 40 ans

  • enfin, Fabrice Georges Gevaudan

  • 45 ans

  • il était originaire de Boulogne-Billancourt

  • en France

  • le commissaire de la Gendarmerie royale

  • a rendu hommage aux trois disparus

  • en déclarant que les prochains jours

  • seraient difficiles

  • pour tous les membres

  • de la police fédérale

VIRGULE

Le débat sur la réinsertion des criminels, en particulier les régime de semi-liberté est ravivé, en Suisse. Deux affaires dramatiques ont secoué le pays. Celle de Marie puis d'Adeline, en septembre dernier... Chacune avait été assassinée par des récidivistes suite à des négligences judiciaire et carcérale pour les uns, suite à des erreurs d'expertises psychiatriques pour les autres..

Le politique s'est emparé de ces cas. Et justement, les députés du parlement Genevois étaient invités jeudi soir, à se prononcer sur la mise en place d'une enquête parlementaire. Enquête destinée à déterminer précisément qui des psychiatres, des juges ou des directions carcérales sont responsables d'un de ces drame, celui d'Adeline, cette socio-thérapeute tuée par son prisonnier lors d'une sortie.

Mais voilà, au même moment, le non-retour d'un prisonnier au profit d'un régime de semi-liberté, a défrayé la chronique cette semaine. Coupable d'avoir assassiné une prostituée il y a 15 ans à coups de poinçons, l'homme est resté 4 jours dans la nature - sous mandat d'arrêt international - avant de finalement se rendre.

Débat politique sensible donc. La pression populaire ici, soutenue par la droite dure, est forte. A chaque cas, le principe même de liberté conditionnelle est remis en question. En face, on déplore cette pression et on s'en remet à la loi qui prévoit des régimes dégressifs en matière de peines, quelque soit le crime.

L'avocate Yaël Hayat, présidente de l'association qui gère l'établissement carcéral ouvert où l'homme n'était pas rentré, s'est exprimé sur nos ondes:

Alors, je vous le disais, l'homme s'est finalement rendu à la police vendredi. L'occasion pour le ministre genevois en charge, Pierre Maudet, réputé pour sa ligne plutôt dure, de reconnaître une fois n'est pas coutume, l'importance du droit à la réinsertion des criminels

N'empêche que le débat est loin d'être clos en Suisse. En avril dernier, une de nos fameuses initiatives populaires a été lancée. Une initiative qui exige que les juges et les experts qui relâchent un délinquant sexuel ou violent récidiviste soient tenus personnellement responsables de leur mauvaise décision. Et condamnés le cas échéant.

VIRGULE

*** La Belgique vit depuis deux semaines au rythme des négociations d’après élections. Le 25 mai, le même jour que les élections européennes, tous les parlements du pays ont été renouvelés : le parlement fédéral, mais aussi ceux des quatre régions et communautés. Cela fait donc pas mal de nouveaux gouvernements à constituer et les premiers accords de coalitions ont déjà été conclus, Dominique d’Olne

  • Et à ce jeu, ce sont les Germanophones

  • qui, comme toujours, ont été les plus rapides.

  • Après 5 jours de négociations

  • on apprenait que la coalition en place

  • allait diriger pour 5 ans encore

  • la Communauté des 75 mille

  • Belges de langue allemande.

  • Mais le vrai enjeu est évidemment ailleurs

  • Il est de savoir quels partis gouverneront demain

  • les Communautés et Régions,

  • en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles,

  • et quelle coalition emmènera le gouvernement fédéral.

*** Et à ce propos, une décision importante a été prise cette semaine, du côté francophone…

  • Jeudi après-midi, à la surprise générale

  • le PS et le cdH, ont annoncé qu’ils étaient d’accord

  • pour négocier une majorité de centre gauche,

  • en Wallonie et à Bruxelles,

  • avec, dans la capitale, la participation du FDF,

  • le parti qui se veut le plus en pointe

  • dans la défense des francophones.

  • En faisant cela, ils renvoient dans l’opposition régionale

  • les libéraux du parti MR

  • Ils sont arrivés derrière le PS aux élections

  • mais ils se considèrent comme les véritables vainqueurs

  • Charles Michel, leur président, disait tout son mécontentement

  • sur nos antennes

Le président des libéraux évoque une possible crise politique : pourquoi le fait-il, alors que ses adversaires annoncent un accord de gouvernement ?

  • Parce qu’il s’agit ici des niveaux de pouvoir francophones

  • Il reste encore à négocier la composition

  • du gouvernement flamand

  • et celle du futur gouvernement fédéral.

  • Dans cette affaire, le PS se montre à la fois très habile

  • mais il prend également un risque très important.

  • Très habile, parce que, en s’associant

  • dans les gouvernements régionaux, aux centristes du cdH

  • il empêche ceux-ci de rejoindre les libéraux

  • au gouvernement fédéral dans un éventuel

  • gouvernement de centre-droit.

  • Autrement dit, le PS veut se rendre aussi

  • indispensable au fédéral.

  • Et c’est précisément là que se situe le danger.

  • Car en ce moment, c’est le nationaliste flamand

  • Bart de Wever, qui est chargé par le Roi

  • de chercher quelle coalition est possible

  • pour le gouvernement fédéral.

  • Et Bart de Wever, ce n’est pas un secret,

  • voudrait un gouvernement de droite

  • emmené par son parti la NV-A.

  • Le risque actuel est donc que la Flandre

  • se braque, devant ce qu’elle pourrait considérer

  • comme un coup de force francophone.

  • Et alors le jeu politique risque de se bloquer

  • pour un long moment.

  • Et en guise de conclusion, Nathalie,

  • je ne résiste pas à vous faire entendre

  • ce commentaire de Kris Peeters

  • le chef de file des Sociaux-Chrétiens flamands

Fin : « …très très complexe »

TAPIS FIN

Et c'est la fin de cette actualité francophone, merci de nous avoir écouté. Retrouvez-nous sur notre page internet radiofrancophones.org et bien-sûr, la semaine prochaine... même heure, même endroit pour une nouvelle édition.

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