Avez-vous déjà mis un de vos prétendants au défi de vous prouver son amour en lui demandant de vous inventer des mots insensées, de vous offrir des perles de pluies venues de pays où il ne pleut pas, ou en faisant comme une jeune Camerounaise, Florence, qui pour départager ses deux soupirants, leur demande de cuisinier un "solo ", son plat préféré à base de cabillaud, en langue douala.

Une recette que l'on peut trouver dans une savoureuse nouvelle de la romancière Léonora Miano, à lire en intégralité dans le dernier numéro de Muze !

Muze , c’est une revue culturelle au féminin proposées par les éditions Bayard qui consacre un dossier de son numéro estival à l’Afrique francophone, et plus précisément à celles qui portent son dynamisme culturel :les femmes !

Des femmes qui, aux lendemains des indépendances et comme nous le rappelle la journaliste Kidi Bebey, ont dû doublement s’émanciper pour libérer leur souffle créateur : il leur a fallu battre en brèche les stéréotypes occidentaux auxquels on voulait les réduire, mais aussi repousser les limites fixées par leur propre société. Au risque, d’être incomprises et ignorées,__ voire carrément oubliées, comme les écrivaines.

En Afrique francophone, la scène littéraire a en effet été très longtemps dominée par les hommes. Ou, en tout cas, pour les périodes de la colonisation, des indépendances et post-indépendances, ce sont spontanément des noms masculins qui sont retenus par les lecteurs : ceux du Malien Amadou Hampaté Bâ ou de l’ivoirien Ahmadou Kourouma par exemple.

Pourtant, dès la fin des années 1950, au Cameroun notamment, des femmes ont pris la plume pour sortir du silence qui leur avait été imposé et dénoncer l’excision, les difficultés de la polygamie, la domination masculine ou encore le conflit entre tradition et modernité. __

Muze revient sur ces femmes qui, par leur autobiographie ou leur romans, ont fait bouger les lignes mais aussi sur celles qui ont froissé quelques oreilles en abordant ces mêmes sujets en musique. A l’instar de la chanteuse malienne Rokia Traoré.

Dans le numéro estival de Muze , elle confie : « On me dit féministe, mais j’ai sans doute été élevée par une féministe qui ignorait qu’elle était. Ma mère n’avait pas besoin de porter une étiquette. Dans sa génération, pas mal de femmes ont vu leur monde changer et se sont énormément battue pour obtenir des droits, en tant que femmes – ne serait-ce que pour aller à l’école et prolonger leurs études. »

Autre femme qui souhaite poursuivre ses études pour devenir, elle, médecin, alors que son père aimerait la voir mariée à un homme fortuné : une certaine Aya de Yopougon .

Aya de Yopougon
Aya de Yopougon © radio-france

C’est l’héroïne de la série de bandes-dessinées du même nom. En 6 volumes et une bonne dose d’humour, elle raconte la vie d’une jeune ivoirienne de 19 ans, Aya, et des habitants de son quartier de Yopougon, à Abidjan, à la fin des années 1970.

Après le succès de la BD, ses aventures sont enfin portées à l’écran : Aya de Yopougon , le film, sort en salle mercredi prochain et je vous le recommande !

En attendant, l’interview de Marguerite Abouet, l’auteure de la BD et la co-réalisatrice du film, est à lire dans Muze . Une revue dans laquelle vous retrouverez le portrait de véritables militantes. Des femmes, des africaines qui, depuis un demi-siècle, par les mots, l’image, la mode ou la musique ont libéré la parole, brisé des tabous et décomplexé un continent qui vivait encore il y a peu sous domination culturelle.

Les liens

Le blog de Muze Muze : la revue culturelle au féminin

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