Depuis le printemps, des expositions sont organisées en France pour mettre à l’honneur la culture sud-africaine en France et parmi elles, « My Jobourg », à la Maison Rouge, à Paris.

Cette magistrale exposition brosse le portrait de la ville la plus peuplée d’Afrique du Sud , Johannesburg –ou Jobourg par ses habitants, à travers les œuvres et les regards d'une soixantaine d'artistes. Ce qui intéressant, c’est que ces artistes sont à l’image de la Nation Arc-en-Ciel: ils viennent de tous les horizons. Ils ont entre 22 et 87 ans, sont Blancs, Noirs ou métis. Certains ont suivi une formation artistique, d’autres sont autodidactes. Et tous documentent, témoignent et pour certains militent dans cette ville en permanente ébullition physique et intellectuelle.

Du cœur de Johannesburg désertée par les Afrikaners, aux quartiers riches hautement sécurisés, en passant par les bidonvilles désormais habités par de nouveaux immigrants venus de toute l'Afrique,leurs œuvres nous entraînent dans cette cité née il y a un peu plus de 100 ans de la découverte de gisement aurifère et aujourd’hui dotée de plus de six millions d’âmes.

« My Jobourg », ce sont des dessins, des tableaux, des installations, des vidéos et surtout des photos. Et le travail d’un jeune photographe estparticulièrement touchant.

My Joburg 2
My Joburg 2 © Radio France / Emmanuel Khérad

Celui de Mikhael Subotzky , 32 ans, Prix de la Découverte des Rencontres d’Arles en 2011 . Pendant plus de deux ans, avec Patrick Water­house , il a exploré Ponte City, le plus haut immeuble d’habitation d’Afrique . Cette tour cylindrique de 54 étages, symbole du centre-ville de Joburg, a été construite en 1976 pour la classe moyenne blanche qui lui a préféré les quartiers nord réputés plus sûrs à partir des années 1990. En grande décrépitude, le bâtiment a été racheté en 2007 par des prometteurs désireux de le réaménager pour y attirer une nouvelle classe moyenne noire.

Le projet de Mikhael Subotzky et Patrick Water­house a commencé alors que la rénovation était en cours : les promoteurs avaient vidé la moitié du bâtiment et jetaient les décombres dans l’espace central. De haut en bas, étage par étage, les deux artistes ont frappé à chaque porte, sont entrés dans chaque appartements. Leurs photographies offrent une vision à 360°C de la ville à travers les fenêtres de ces habitations et le prisme à d’une multitude d’intimités. Fascinant !

La politique et les sujets de société sont omniprésents dans cette exposition.

L'un des grands mérites de l’exposition est de les faire subtilement dialoguer, sans verser dans la facilité des clichés plombant sur l'Apartheid ou les difficultés d'une jeune démocratie. Ancrées dans le présent, ces oeuvres accompagnent une histoire en marche, racontent une ville-monde. Une cité cosmopolite aussi violente qu'accueillante, à la fois source de rêve, d'angoisse et de poésie. Elles témoignent surtout d'une scène artistique en pleine effervescence, étourdissante de créativité soutenue -et c’est assez rare sur le continent africain pour être souligné, par un réseau actif de structures privées et publiques.

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Et si l'on n'a pas prévu de passer par Paris :

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- Le catalogue de l’exposition, conçu de manière très originale comme un « guide de la scène artistique » joburgeoise.

- A Strasbourg, d’autres facettes du travail du photographe Mikhael Subotzky notamment seront bientôt présentées.

Evénement(s) lié(s)

My Joburg - exposition à La Maison Rouge, à Paris

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