Le monde de la musique vient de perdre un illustre créateur : on vient d'apprendre le décès de Johnny Clegg, alias "le zoulou blanc". C'était une figure emblématique de la lutte anti-apartheid, pour qui Nelson Mandela était l’ultime figure d'humanisme.

Le chanteur Johnny Clegg et le danseur Dudu Zulu du groupe "Savuka", sur scène au Printemps de Bourges, le 10 avril 1988
Le chanteur Johnny Clegg et le danseur Dudu Zulu du groupe "Savuka", sur scène au Printemps de Bourges, le 10 avril 1988 © AFP / François Guillot

Johnny Clegg, c'était un auteur-compositeur-interprète sud-africain, et surtout, un excellent danseur. Il a créé successivement les groupes Juluka et Savuka dont les chansons étaient principalement axées sur la lutte contre l'apartheid. 

Il est décédé ce 16 juillet à l'âge de 66 ans. Mais pour paraphraser le poète sénégalais Birago Diop : les morts ne sont jamais morts. Ils nous laissent toutes leurs œuvres, toutes leurs créations, et restent vivants à travers elle. Et Johnny Clegg vivra pour toujours...

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Photo de Johnny Clegg prise lors d'une interview en 2017
Photo de Johnny Clegg prise lors d'une interview en 2017 © AFP / MUJAHID SAFODIEN

Mousso Power

Comme tous les Mardi, le propos se conjugue au féminin pluriel. Nos reines du jour sont la cap-verdienne Neuza, la franco-capverdo- bissao-guinéenne Monica Pereira et  la malgache Kristel.

  • Le trio Kristel

Le groupe Kristel se compose de Christelle Ratri à la basse et au chant, de son mari, Andry Sylvano à la batterie et de son frère, Benkheli Ratri à la guitare. Nés dans un quartier défavorisé de la capitale, Tananarive ou Antananarivo, tous les membres sont issus de familles de musiciens. 

Kristel et Benkheli ont appris le solfège avec leur père, musicien professionnel de jazz et blues. Mais c’est en autodidacte et sur Internet que ces jeunes ont fait leur apprentissage de la musique car selon Kristel, il n'y a pas de conservatoires à Madagascar. Le groupe Kristel affiche un style hybride, un croisement d’Afro et de Pop-Rock. Ses textes crient les douleurs d’une jeunesse oubliée des politiques.  

Le trio Kristel ne voit pas tout noir ou tout blanc.  Certes, ils racontent les désordres de notre monde, les réalités du quotidien des Malgaches, mais ils parlent aussi d’amour et d’espoir.  

  • Neuza

Neuza fait partie de la pépinière des ambassadrices de l’archipel du Cap Vert. Un territoire de dix îles au large de Dakar, quasiment inconnu avant que la diva aux pieds nus, Cesaria Evora ne le chante et le fasse découvrir par le monde entier…

Selon José Da Silva, avant le succès international de Césaria,  être musicien ou chanteur était avant mal vu chez les Cap-Verdiens, comme dans les pays du continent africain. La réussite de Cesaria a fait école et dédouané tous les candidats au métier d’artiste musicien. Et Neuza figure en bonne place sur la liste de ses héritiers. 

Tout l’album Flor di Bila, publié en 2013, se nourrit des rythmes de l’île de Fogo, région d’origine de la mère de Neuza. 

  • Monica Pereira

On reste en partie au Cap Vert. Pourquoi ? Tout simplement parce que Monica Pereira est Cap-Verdienne par sa mère et Bissau Guinéenne par son père. Née en Guinée-Bissau, elle passe son enfance au Portugal dans les quartiers populaires de Lisbonne et Porto avant de déménager à Paris à 14 ans avec sa famille, où elle découvre son goût pour l’écriture.

Ses poèmes se métamorphosent rapidement en de belles petites mélodies qu’elle fredonne à tue-tête partout, à la maison, sur le chemin de l’école ou pendant ses jeux avec petites copines. C’est donc par l’écriture, dont elle est "tombée amoureuse", que Monica est arrivée à la musique. 

Elle revendique avec véhémence sa culture parisienne, où elle vit dans le quartier de Montmartre à travers traditions française et expressions urbaine. Monica Pereira est métissée à tous les niveaux…

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