La famine, la misère, les politiques corrompues, les régimes dictatoriaux, les guerres tribales, les ravages du colonialisme et du capitalisme industriel, les rebellions, les agressions au nom de la religion, les émancipations difficiles, la mainmise des mulitnationales étrangères sur les matières premières, la liberté d'expression, l'immigration, sont des tableaux qui composent l'Afrique d'hier et d'aujourd'hui.

Les défis à relever pour imaginer un lendemain meilleur sont nombreux et passent souvent par la culture urbaine, le numérique, la mode. Un premier élan pour relancer les économies et impliquer les nouvelles générations.

Entre les difficultés présentes et les solutions imaginées pour y remédier, l'Afrique qui vient explore les mille et une facettes du continent noir.

La Chinafrique

C’est à la fin des années 90 que les Chinois s’intéressent à l’Afrique. La Chine noue d’abord des relations intensives avec les producteurs de pétrole, le Nigeria, l’Angola et le Soudan puis la Zambie et le Gabon pour le cuivre et le minerai de fer.

Les repreneurs chinois qui se sont ensuite installés n’avaient rien à voir avec l’Etat Chinois et ne percevaient aucune aide. Les premières entreprises sont de petites fonderies et commerces.

Echopes chnoises
Echopes chnoises © Radio France / Eric Valmir

En 2006, Hun Ji Tao organise un sommet sino africain avec 48 chefs d’Etats africains. Signature de contrats pour 2 milliards de dollars, la Chine promet aux pays africains 5 milliards de crédits, annulation de la dette existante et doublement de l’aide. Réductions des taxes d’importations pour les produits africains.

Les autorités chinoises invoquaient la coopération fraternellesud sud au lieu de l’ingérence paternaliste nord / sud . Ce discours séduisant qui fait oublier que commerce avec les dictateurs Mugabe et Al Bashir ne pose aucun problème à Pékin.

De véritables Chinatown se dessinent dans chaque ville africaine.

echoppe chnoise
echoppe chnoise © Radio France / eric valmir

Guerres tribales et surpopulation dans la région des grands lacs

La seconde guerre duCongo qui a éclaté en 98 et entretient une situation larvée depuis est d’une grande complexité. Elle concerne neuf pays africains et une trentaine de milices. Le principal théâtre d’opération est l’Est du Congo. C’est le conflit le plus meurtrier. Près de 5 millions de morts. Ce qui est supérieur aux nombres de tués recensés en Bosnie Afghanistan et Irak , les 3 pays réunis. Souvent, on ne meurt pas dans les combats mais de maladies qu’on ne pouvait plus soigner en raison de la guerre (malaria diarrhée, pneumonie).

Soldat rebelle dans un village
Soldat rebelle dans un village © Reuters

Quand le Rwanda et l’Ouganda attaquent, Kabila doit son salut aux troupes étrangères . L’Angola qui ne voulait pas que Kabila tombe pour préserver sa frontière, le Zimbabwe ne souhaitait pas que des étrangers exploitent l’industrie extractive où Mugabe avait des intérêts.La coalition se renforça avec la Namibie, le Soudan, le Tchad. Tous avaient des intérêts à ne pas voir tomber Kabila. En face, le Burundi, l’Ouganda et le Rwanda.

Cette guerre disparait de l’actualité internationale car les journalistes ne parviennent pas à déchiffrer une situation inexplicable et confuse. Il n’existe pas deux camps bien circonscrits. Le journalisme de guerre recourt à une référence morale. En Yougoslavie, les Serbes sont les grands criminels et au Rwanda les Tutsis des victimes innocentes.

Dans cette guerre du Congo, il n’existe pas un camp de gentils . Aucun des pays engagés n’a la conscience tranquille. Les enfants de la dictature sont rarement des démocrates. Personne habilité à vouloir trouver un compromis. Seule la logique de la guerre prévaut.

Les différentes phases de la seconde guerre du Congo :

phase 1 : Rwanda et Ouganda essaient de renverser Kabila : échec

Phase 2 (1999 à 2002) : Rwanda et Ouganda cherchent par le biais de milices locales à contrôler l’est du pays pour exploiter massivement les matières premières.Le butin compte plus que le pouvoir et occasionne des fractures entre les rebelles.A l’Ouest Kabila domine, à l’Est sous l’emprise du RCD.

Durant ces phases, le conflit est marqué par les séquelles du génocide rwandais, la faiblesse de l’Etat Congolais, la vitalité militaire du nouveau Rwanda, la surpopulation de la région autour des grands lacs, la perméabilité des vieilles frontières coloniales, l’accentuation des tensions ethniques dues à la pauvreté, la présence de richesses naturelles, la militarisation de l’économie informelle, la demande mondiale de matières premières minérales, la demande d’armes et l’impuissance des Nations-Unies.

Et pour les belligérants la guerre est une affaire lucrative.

D’autant qu’on se bat pour l’or du XXI ème siècle. Le Coltan, un gravier noir qu’on trouve dans la boue, ça ne ressemble pas à grand-chose mais tout le monde en veut et80 % des réserves planétaires se trouvent à l’Est du Congo. Le coltan se compose de nobium et de tantale un métal au point de fusion élevé adapté aux superalliages de l’industrie aérospatiale et aux condensateurs dans le domaine de l’électronique. Indispensable à la moindre tablette, smartphone, lecteur mp3, DVD.

Mais ce ne sont pas les Etats qui ont profité des richesses du Congo. Ils n’étaient qu’intermédiaires dans un réseau d’échanges commerciaux. Ceux qui tiraient profit de ce recel étaient des groupes miniers multinationaux, des hommes d’affaires russes kazak suisses. Et les firmes chinoises. Les Etats en déliquescence portent les succès du néolibéralisme mondial débridé.

Un ouvrier congolais sépare le coltan de la cassiterite
Un ouvrier congolais sépare le coltan de la cassiterite © Reuters

La famine, l'insuffisance alimentaire

Jean Ziegler ancien rapporteur aux Nations Unies pour le droit à l’alimentation cite dans un article publié en 2011 un étrange provenance saoudienne pour des pommes de terre vendues en Europe du Nord. L’Arabie Saoudite ne produit pas de pommes de terre.

En remontant le fil, Jean Ziegler s’aperçoit qu’il s’agit d’une firme saoudienne qui exploite 500 000 hectares de terre fertile dans la région de Gambela au sud de l’Ethiopie . Production de riz, pommes de terre et des roses exportées à prix d’or vers l’europe du Nord. Le Cheik saoudien paie en contrepartie un loyer sur 99 ans au prix de 90 cts d’euro par hec et par an.

Gambela est un paradis pour spéculateurs.

Deux peuples habitaient ces contrées : les Nuers et les Anuak. Quand les paysans se sont opposés à la spoliation de leurs terres, l’armée éthiopienne a ouvert le feu. Des dizaines de morts et des évacués de force vers les bidonvilles d’Addis Abeba, dernier refuge des agonisants sous les tôles rouillées. Pendant ce tps là, l’Etat fait affaire avec les sociétés saoudiennes

Quand Jean Ziegler entreprend une visite chez le ministre de l’agriculture Ethiopien, la discussion est virulente. « Nos paysans sont incompétents, ignorants, incultes. Si on les laisse faire, ils vendraient leur terre à un prix dérisoire au premier somalien venu ».

Le gouvernement Ethiopien, issu pourtant d’une guérilla paysanne, interdit aux cultivateurs la propriété de leurs terres pour les protéger de ventes intempestives mais dans le même temps, il brade des centaines de milliers d’hectares aux multinationales et fonds spéculatifs.

Enfant marchant dans un camp à Nyaruchinga (novembre 2012)
Enfant marchant dans un camp à Nyaruchinga (novembre 2012) © Reuters

La mode, une ADN de l'Afrique

Motse Akanati, créatrice, invitée de l'émission.

Musiques d'Afrique

Venu du Mali, Boubacar Traoré

Venu de Kinshasa , Jupiter Bokondji . Fils d'immigrés en Allemagne, il monte son groupe dans l'adolescence, une aventure musicale qui lui vaut la reconnaissance du milieu et de la presse européenne.

Mais Jupiter veut rentrer à Kinshasa. Kinois la belle sombre dans la misère et Jupiter est persuadé que la musique est un vecteur de vitalité pour la création artistique, la relance de l'économie et la construction des individus.

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