Les sondages ne prennent pas vraiment la température d’un pays ; les mots s’en chargent bien mieux : Anne Nivat nous livre un décapant reportage de six villes françaises.

Anne Nivat
Anne Nivat © Maxppp / LE DAUPHINE

La réalité d’un pays se mesure à coups de chiffres, de décimales, de catégories, de portraits types – d’exactitudes, promet-on.

Mais pas du tout ! s’exclame la littérature, nous avons besoin de mots pour sonder les maux, pour comprendre une époque, un système de pensée, les paradoxes d’un pays. Comment comprendre l’Afghanistan sans avoir lu Les Cavaliers de Joseph Kessel ? Et l’Algérie, peut-on la saisir sans avoir lu Albert Camus et ses Noces ?

La réalité est une affaire de mots, pas de numéro. S’il faut encore une preuve, elle s’appelle Dans quelle France on vit, d’Anne Nivat, paru chez Fayard.

Anne Nivat est reporter de guerre. Elle a été en Irak, en Tchétchénie, en Afghanistan. Mais la France ? « La France est en guerre » justement, annonça François Hollande le 16 novembre 2015. Alors la reporter est allée arpenter son pays.

Elle a choisi six villes loin des couvertures médiatiques : Evreux, Laon, Laval, Montluçon, Lons–le-Saunier et Ajaccio. Avec cinq thèmes, de l’emploi à la sécurité en passant par la jeunesse. Anne Nivat a dormi chez l’habitant, s’est incrustée dans les réunions, les brigades, les cafés, les dîners familiaux. Elle a transcrit ces « Choses vues » propres à Victor Hugo, mais aussi entendues et ressenties.

Alors, le temps d’un apéro, nous partagerons un amuse-bouche avec Anne Nivat.

Le coup de cœur du libraire

En partenariat avec la revue Page des libraires.

Cette semaine, c’est Jérémie Banel de la librairie du fameux MuCem de Marseille – ce Musée des civilisations et de la Méditerranée, ouvert sur le large, comme nous – qui conseille à notre invitée et aux auditeurs : Les Mauvaises gens, bande dessinée reportage d’Etienne Davodeau, paru chez Delcourt (2005). Cette pépite trace dans les Mauges, région rurale, catholique et ouvrière de l’Ouest français, le portrait de travailleurs militants. Les Mauvaises gens raconte ce désir d’émancipation collective, ses limites et ses espoirs.

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