Ce soir à l'heure de l'apéro, Clara Dupont-Monod a le plaisir de recevoir Leïla Slimani pour parler de son dernier livre, "Chanson douce" (Gallimard)

Leila Slimani
Leila Slimani © Getty / Marco Destefanis/Pacific Press/LightRocket

"Le bobo est un être sympa. Il s'émeut devant la soupe populaire, croit ferme au système de partage et couvre son enfant d'un bonnet péruvien très cher mais équitable. Il explique que l'argent n'est pas une priorité, contrairement au bien-être, et préfère craquer pour un festin locavore plutôt qu'une montre Chanel. Il a le souci de l'Autre, par exemple il fait des efforts pour considérer sa femme de ménage comme son égal - ce n'est parce que la vie vous gâte qu'il faut y laisser ses idéaux de gauche.

Mais qu'est-ce que c'est que ces âneries ? S'énerve la littérature. Mais c'est n'importe quoi, mais c'est même l'inverse ! Le bobo, altruiste ? Il pense d'abord à son confort. Le bobo, patron cool ? Il est obsédé par la quête de la performance. Dans le fond, il lui manque la poigne sans scrupule d'un roi du CAC 40, un petit côté « de droite » mais il ne l'avouera jamais. Pour preuve, s'énerve encore la littérature, regardez ce que j'ai dans ma besace, cousue main de façon équitable par des femmes péruviennes : un roman, il s'appelle Chanson Douce, il est signé Leïla Slimani, et croyez moi, aïe, bobo ..." Clara Dupont-Monod.

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