Dans les livres, la proximité ne fait qu'épaissir le mystère. Deux étages au dessus du nouvel appartement de Geneviève Brissac, l'Histoire a élu domicile chez une voisine…

Geneviève Brisac
Geneviève Brisac © Getty / Brice TOUL

Dans les livres, la proximité ne fait qu'épaissir le mystère. Sinon, pourquoi tant d'auteurs auraient écrit sur leurs pères ou leurs mères, hein ? Ou sur leur meilleur ami, comme l'a fait Catherine Cusset dans L'Autre qu'on adorait ? Ça peut être un mari, et Jeanne, dans Une Vie, de Maupassant, en sait quelque chose. Ecrire sur quelqu'un de proche, c'est faire le Portrait d'un inconnu, pour reprendre le titre de Nathalie Sarraute, qui regarde au microscope deux personnages et découvre un monde invisible. Un peu comme Geneviève Brisac, dans Vie de ma voisine, paru chez Grasset.

Ça commence dans un immeuble. Geneviève Brisac vient d'emménager. Devant l'ascenseur de l'escalier D, une vieille voisine l'aborde. Elle s'appelle Eugénie, elle a porté l'étoile jaune. Et voici la narratrice propulsée dans le passé d'une famille polonaise enracinée en France, follement amoureuse de ses valeurs, et qui pourtant ne verra pas venir la trahison et l’infamie.

Campée sur ses deux jambes, Eugénie est toujours là, des années plus tard, et elle raconte, l'engagement politique de ses parents, épris de justice et de révolution, la rafle, la survie, et la réparation. Un pan entier du siècle défile dans son appartement – et cela, Geneviève Brisac ne l'avait pas prévu, comment savoir que deux étages au dessus d'elle, l'Histoire a élu domicile chez une voisine ?

Alors, le temps d'un apéro, nous partageons un amuse-bouche avec Geneviève Brisac, entre voisines de micro.

Le coup de cœur du libraire

Cette semaine c'est Delphine Bouillo de la Librairie M’Lire à Laval qui conseille à notre invitée : Vivre de Anise Postel-Vinay paru chez Grasset.

Écrit avec la complicité de Laure Adler et Léa Veinstein, Vivre relate avec simplicité le quotidien de celle qui n’aime pas qu’on l’appelle « résistante ». Arrêtée le 15 août 1942, déportée à Ravensbrück aux côtés de Germaine Tillion et Geneviève Anthonioz de Gaulle, Anise Postel-Vinay nous offre le récit d’une humanité plus forte que la barbarie.

Retrouvez plus de conseils sur le site de la revue Page des libraires

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